Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Une gestion des régimes frontaliers

Manifestement et comme pour chaque mois d’août ce sont les embouteillages qui conduisent tout un chacun à s’interroger sur l’existence concrète du désormais mythique “Bison futé” semblant ne pas être suivi puisque la France des vacances courtes (une semaine en moyenne) a connu jusqu’à près de 1 000 kilomètres de bouchon (la distance Paris – St Tropez embouteillé). Au-delà de ce qui constitue toujours un événement (pour celui qui est bloqué dans sa voiture comme pour celui qui y a échappé), il y a, dans une actualité “tout azimut”, la disparition de Samuel Pisar, avocat, rescapé des camps de la mort, qui s’interrogeait ainsi “Qui suis-je sinon un humble messager qui a vu un monde s’effondrer, effaré de voir notre monde se précipiter vers une nouvelle chute” (frayeur face à l’islamisme galopant) ; Israël contraint d’affronter l’extrémisme juif en procédant à l’arrestation de trois fondamentalistes juifs ; Donald Trump trouble-fête des primaires américaines en tête des sondages pour l’investiture républicaine, connaissant une popularité alimentée par la défiance envers les responsables politiques ; le nouveau scandale de pédophilie au Royaume-Uni avec la médiatisation du rôle qu’aurait pu y jouer l’ancien Premier ministre Edward Heath, enfin le drame des migrations et la commémoration de la bombe atomique lâchée sur Hiroshima le 6 août 1945 amplement médiatisée, 70 ans après et précédé de peu par l’accord de Vienne le 14 juillet dernier qui met sous contrôle étroit le programme nucléaire iranien, ouvrant pour les optimistes une ère de dénucléarisation, pour les autres, une course à la bombe uniquement ralentie (pour 15 ans).

« A quand les visas de travail de longue durée ? »

Les migrations d’abord. Elles sont, selon le géographe Michel Foucher, ancien ambassadeur, auteur de “L’obsession des frontières”, “Irrépressible”, “il faut renforcer la concertation dans la gestion des régimes frontaliers, au-delà des circonstances exceptionnelles”. Et l’ancien diplomate souhaitant que l’accès légal à l’espace européen pour étudier ou exercer une activité suppose “une démarche cogérée avec le Pays de départ”. Ainsi les crises et les drames actuels posent la question d’une action à l’extérieur de l’Union Européenne (aide ciblée au développement, programmes cogérés de migration circulaires et surtout de mobilité dans les zones d’interaction migratoire, intervention dans les zones de crise). Autant d’éléments permettant une meilleure application de l’article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme affirmant le droit à chacun à quitter son pays. Pour l’instant, comme le souligne Foucher “le droit d’émigrer ne trouve pas son corollaire dans celui d’immigrer”. A quand les visas de travail de longue durée, la cogestion des mobilités entre pays de départ et pays d’arrivée, la mise en place de règles pour détruire le régime illégal des passeurs ? “Ce qui est en jeu, souligne le géographe, c’est notre choix d’un rapport au monde”, comme pour la commémoration du 70e anniversaire d’Hiroshima où 70 ans après, la bombe atomique suscite toujours effroi et fascination, parce que devenue non seulement “outil et arme de dissuasion” mais aussi selon C. Ayad et J. Gautheret (Le Monde) “assurance-vie des régimes indésirables”, parce que dans un monde multipolaire “le statut de puissance nucléaire est une sécurité, offrant la certitude d’avoir voix au chapitre”. Le Maire d’Hiroshima a lancé son message “ne jamais voir le jour où le Japon aura une bombe” même si “le Japon a le droit de poursuivre ses activités nucléaires civiles même si l’opinion publique exprime des réticences” ; l’idéal restant pour ce maire “la sortie du nucléaire”.

 

 

 

 


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