David Saforcada
David
Saforcada
bonapartiste

« Une conscience morale qui s’appelle une nation »

Lors de ses vœux à la jeunesse, le président de la République a annoncé avoir demandé au gouvernement de réfléchir à rallonger la Journée Défense et Citoyenneté. Voilà une idée qui est bonne… Non, je plaisante et je trouve même pathétique une telle proposition.

Cette proposition est un aveu d’échec. L’échec d’une vision simpliste du sentiment national, du sentiment civique. Certes, cette vision existait déjà avant que Jacques Chirac ne décide de supprimer le Service national, mais au moins il y avait ces 12 mois, puis 6, pour rattraper, même que partiellement, un certain retard voire même combler certaines lacunes scolaires.

Cette proposition c’est aussi avouer l’échec d’une instruction publique de plus en plus laminée tant par une ambiance quasi générale de renoncement au récit national et à l’intégration que par des réformes tirant de plus en plus vers le bas le niveau d’instruction. Comme a pu l’écrire Milan Hübl, « pour liquider les peuples, ont commencé par leur enlever leur mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire… Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite. » C’est ce que l’on a cherché à faire, c’est ce que l’on fait depuis plus 40 ans et que l’on accentue de plus en plus comme l’explique très bien Natacha Polony dans son dernier livre ‘’Nous sommes la France’’. Fini Lafontaine et Molière, Zola et Rimbaud, Camus et Saint-Exupéry. Fini Clovis et Philippe Auguste, François 1er et Henri IV, Napoléon et de Gaulle. Fini le latin et le grec, l’Histoire de France et la géographie ‘’hexagonale’’.

Cette proposition est aussi la preuve, pour beaucoup de nos jeunes, de l’échec de toutes les politiques laxistes ou généreuses mises en place pour “acheter” la paix sociale sur certains de nos territoires. La preuve que l’intégration, prélude à l’assimilation, ne fonctionne plus afin que, comme le disait Renan, l’essence d’une nation soit que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses… Aucun citoyen français ne sait s’il est ‘’Burgonde, Alain, Wisigoth’’ ou bien Lao, Peul, Berbère…

Bref, une fois encore, le remède proposé ne sert à rien si ce n’est à ce donner la bonne conscience de vouloir faire croire d’essayer de changer les choses. Ce n’est pas en une journée, en une semaine que l’on crée « …une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation. »

 

 


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