Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Un nouveau “new deal”

Voilà revenu l’épuisement d’un cycle idéologique incarné il y a 20 ans par la fameuse “troisième voie” de Clinton, Blair, DSK, Schröder, déroulant son social-libéralisme pour céder la place à un courant contestataire, dénonçant la « mainmise du capital sur les moyens de production, le pouvoir des médias, la surpuissance de la finance ».

Selon Nicolas Baverez, les séquelles du monde qui meurt sont nombreuses : pressions déflationnistes, 200 millions de chômeurs, fin des “Trente Glorieuses” en Chine, 200 000 milliards de dettes supplémentaires depuis 2008. S’y ajoutent les défis du monde en train de naître : révolution démographique, nouvelles classes moyennes du Sud, nouveau capitalisme plus partenarial, ère numérique, préoccupation écologique, tensions géopolitiques, remise en question de l’État en situation d’effondrement dans de nombreux pays alors que, selon l’historien Nicolas Baverez, « l’Occident conserve le monopole décisif de la liberté politique mais a perdu le monopole de l’histoire du monde et du capitalisme universel ».

« Pourquoi pas dans un cadre confédéral ? »

Pour J.P. Chevènement, « un nouveau “new deal” à l’échelle mondiale est nécessaire pour combattre la tendance fondamentale du capitalisme financier à la déflation ». Un new deal qui devrait concerner toutes les politiques publiques et notamment la crise des migrants, l’avenir de l’espace Schengen, la technocratie irresponsable de Bruxelles, la redéfinition des États-nations : pourquoi pas dans un cadre confédéral ? Un new deal auquel les candidats aux présidentielles semblent vouloir donner corps. D’autant plus qu’il importe de sortir la France des impasses dans lesquelles elle se trouve : pour nombre d’observateurs, « la chute de la France s’accélère avec le blocage combiné de l’Etat et du système politique », de notre incapacité autant à nous réformer qu’à faire une “révolution”. Mais l’optimisme viendra des Français avec l’évolution rapide des mentalités illustrant le caractère libre et mobilisé de citoyens prêts à inventer une démocratie numérique fonctionnelle dont les deux mamelles sont le patriotisme et la réforme. Il est dès lors tentant de suivre J.P. Chevènement quand il écrit : « l’État reste une instance incontournable de légitimation. Nos concitoyens aspirent au retour de l’État républicain. Ils ont besoin de repères, de visions claires, de projets audacieux ». Oui, conclut-il, « le patriotisme républicain est la ressource psychologique et morale qui permettra au peuple français de résister dans la durée et de montrer sa résilience historique ». Décidément, les citoyens devront effectuer les déclinaisons grammaticales fondamentales sur le thème : existence(s) et démocratie(s).

 

 


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