Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que nous sommes en train de vivre dès maintenant une « révolution » numérique qui va bouleverser la médecine en permettant la numérisation de l’être humain et déjà l’utilisation du smartphone pour la pratique d’examens médicaux comme l’électro cardiogramme, l’échographie, la mesure de la tension artérielle, la période des vœux du Président et du gouvernement vient de démarrer sous le signe d’une hyper-communication par des « hypo-communicants ». C’est en effet à une vraie mobilisation sur fond d’images et de petites phrases à laquelle nous assistons sur le front de l’emploi où chaque ministre doit s’investir en même temps que demeurer un parfait coéquipier. Mais cette communication (presque excessive) suffira-t-elle à éviter à la France les sombres prédictions que lui promet l’économiste Nicolas Baverez (Le Point du 3/01/2013) pour qui « l’année 2013 s’engage sous le triple signe des risques stratégiques, politiques et économiques ». Sur le plan géopolitique, tensions en Asie (Chine/Japon), en Iran (quid d’un conflit avec Israël ?) dans le monde arabo-musulman (où les fondamentalistes prennent le pouvoir après les « révolutions libératrices »). Sur le plan politique avec la pérennisation des passions populistes et protectrices (en Italie, Beppe Grillo, deuxième dans les sondages oppose « à l’enfer de la démocratie confisquées par la caste, l’Eden de la participation citoyenne ») et le nationalisme outrancier des pays émergents. Enfin, l’ampleur des risques économiques liés à la faiblesse de la croissance, à l’enracinement du chômage de masse s’ajoutent au surendettement des États et à la vulnérabilité des banques centrales. Et l’économiste de constater en forme d’avertissement : « C’est la France qui constituera le premier risque pour la zone euro, en raison de la rupture de son appareil de production, pris en tenaille entre la compétitivité par la qualité des pays d’Europe du Nord et la restauration de la compétitivité des pays de l’Europe du Sud. » Pire encore : « la France sera le premier emprunteur mondial en euros avec près de 200 milliards. Elle cumulera la récession, l’aggravation du déficit commercial, l’explosion du chômage et l’incapacité à remplir l’objectif de 3% du PIB pour le déficit public. » ET de conclure : « Un choc sur la dette française est possible ».

Voilà l’année terrible et inquiétante que les spécialistes nous promettent. Voilà le moment choisi par le Président Hollande pour hyper-communiquer ; voilà le moment saisi par le Premier ministre pour nous indiquer qu’il est en train de mettre au point un nouveau modèle « ni mendesiste, ni rocardien, ni jospinien) nous rendant aptes à redresser la compétitivité des entreprises à la concurrence, réformer l’État et engager la diminution des dépenses publiques. Parole de Matignon « tous les efforts seront entrepris contre le chômage », un « nouveau modèle français est à construire » pour relever trois défis : « le défi du développement », « le défi écologique » et « le défi démographique ». La mobilisation générale vient d’être sonnée. Le Premier ministre est en première ligne. Cap est fixé sur 2013, année particulièrement difficile étant donné le contexte international mais aussi la défiance à laquelle l’exécutif doit faire face (taux de popularité au plus bas). Reste à poser avec Sylvie Goulard la question provocatrice : « l’élection d’un « Président normal » est-elle compatible avec la perpétuation de « l’exception française » surtout au moment où le pays, miné par des performances économiques médiocres, est en train de perdre son aura ? »

 

Stéphane Baumont

 

 


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