Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Un monde de violence…

La violence est inscrite en chacun de nous et depuis la nuit des temps. Souvenons-nous d’Abel et Caïn…

Alors ne soyons plus surpris si elle s’affiche quotidiennement sur les pages de nos quotidiens, sur les ondes radios et nos écrans télés… Et tant pis si d’après les spécialistes du phénomène, le monde n’a jamais été aussi social, aussi peu sanguinaire, aussi peu criminel. Le tout conforté avec des statistiques qui chaque année corroborent ces avancées pour relever qu’en France et ailleurs les homicides sont en net recul. Notre perception accrue de cette dangerosité qui nous entoure, ne serait due en fait qu’à une meilleure et plus grande information sur le sujet.

Au point de nous expliquer voire de justifier que ce fait divers qui a vu le décès d’un gamin de 18 ans serait dans la logique des choses. D’autant plus s’il concerne, de fait, des extrêmes qui ne prônent l’une et l’autre que la violence et l’enfermement dans des concepts de relation avec l’autre qui n’ont rien à avoir avec les valeurs humanistes normalement défendues par la République. En opposition radicale avec celles qui devraient nous habiter toutes et tous, pour peu que l’on se sente concerné par le devenir de notre prochain. Celui où chaque vie compterait enfin, un monde où la recherche du mieux vivre, l’égalité, la justice, l’exemplarité seraient le leitmotiv premier, la promesse à la vie de tout un chacun.

 

La violence est partout…

 

Alors, comment expliquer, comment justifier qu’en France des gamins âgés d’à peine vingt ans ont en eux et aussi fort, la haine de l’autre ? Où sont les causes, les responsables de tels endoctrinements, les coupables d’une vision du monde aussi hégémonique ?

Comment en 2013, où l’on peut dans une seule main et à travers son iPhone avoir accès à la plus importante bibliothèque au monde, vivre encore dans un tel obscurantisme ? Il suffit de vouloir s’informer pour apprécier ce qu’ont apporté à l’humanité le fascisme et le communisme ? Soit des millions de victimes innocentes qui ne méritaient en rien le destin que leur ont infligé des bourreaux sanguinaires…

Oui, la violence est partout. « Œil pour œil et le monde est aveugle », nous préviendra Gandhi.

Bien sûr que la première des violences est l’utilisation de la force physique, celle qui implique des coups et pour conséquence des blessures, de la souffrance et malheureusement trop souvent la mort pour le plus faible. Mais que dire de la violence verbale utilisée par bon nombre de nos politiques, dans leurs discours, leurs interventions publiques, leurs slogans de campagne ? Où est l’exemplarité ? N’ont-ils que ce moyen pour se faire entendre, pour se faire reconnaître, pour lutter à armes égales avec leurs adversaires politiques ? Sont-ils conscients de participer eux aussi à cette violence ordinaire, celle qui ne laisse pas de traces, mais qui fait à terme autant de dégâts que celle des coups. Que dire aussi des discours de haine exprimés par la plupart des rappeurs qui sont présentés, eux aussi comme les héritiers d’une prétendue culture de violence, celle des quartiers… Il suffit de rester quelques minutes devant une chaîne prétendue « musicale » et destinée aux jeunes, pour voir qu’on les conditionne à la violence : violence de la bêtise, culte de l’apparence, de l’argent, de la tribu. Un fascisme biaisé, déguisé en hédonisme, en culte du divertissement.

Mais ils ne sont pas les seuls et nous, les représentants des médias nous nous devons de balayer devant notre porte. A un titre ou à un autre, à travers nos écrits, nos images, nos analyses partisanes, nous sommes trop souvent dans le camp des mauvais élèves. Et avec une seule excuse : celle que le «sang à la Une» fera toujours plus vendre…

 

Une violence psychologique…

 

Celle qui ne dit pas ses maux, et nourrit la révolte intérieure si elle ne tue pas à petit feu. Elle est faite pour contraindre, brimer, dominer, nuire et même tuer. Sait-on qu’en France, un enfant sur dix est victime de harcèlement à l’école ? Là c’est une fillette qui est agressée au cutter par des CM2, ailleurs le racket qui s’exprime, dès le plus jeune âge avec un gamin «massacré» par deux ados à coups de marteau… Ici le viol d’une mineure de 13 ans par trois ados du même âge… Mais aussi, une bande de crapules qui dévalisent et violentent les passagers d’un train de la banlieue parisienne et qui risquent quasi aucune sanction. D’autres qui attendent en groupe et à la sortie des bars branchés ou discothèques, nos enfants qui se divertissent en boîte pour les racketter, sans risque d’être pris.

Et toujours rien de crédible pour expliquer ce passage à l’acte criminel et dès le plus jeune âge. Sauf et comme toujours le même discours depuis 50 ans. Celui de prétendus experts qui vont évoquer, des prédispositions génétiques, le laxisme de parents démissionnaires, la philosophie libertaire née de Mai 68, la pauvreté, la déliquescence de l’école, les spécificités ethnoculturelles de certaines populations immigrées, etc. Tout, sauf et curieusement, l’influence possible des images, des discours violents qui ne sont quasi jamais soulignés. Au contraire même, ils seraient, pour certains prédicateurs prétendus scientifiques, presque un soin pour révéler des pathologies déjà existantes, car ils contiendraient une dimension cathartique, permettant au spectateur de se purger de ses pulsions agressives ?

Mais il est vrai, comme le prétendait le général De Gaulle, en 1938 «le jour où les Hommes, engagés dans la guerre dite mécanique ne sauront plus se tuer directement, il est probable que la nature se vengera et qu’il y aura des famines et des épidémies, partout…» Ou d’autres recettes plus expéditives…

Il est temps de réagir, de se retrouver autour de valeurs plus responsables, de ne plus se laisser endormir par des discours de personnages qui sont bien loin de notre quotidien et n’ont qu’une ambition : défendre leurs fonds de commerce…

Pour nos enfants, il est temps de rappeler à nos politiques leurs discours et promesses. Leur imposer l’écoute de nos doléances et de prendre en compte notre destin.

Avec la crise de confiance que vivent les Français, le chômage qu’ils subissent, les scandales à répétition, les abus en tous genres qui font l’actualité, la xénophobie, les extrêmes qui retrouvent audience, le chaos n’est plus très loin. Oui, il est temps de prendre son destin en main, sinon demain il sera trop tard.

 

André Gallego

Direction éditoriale

Président de France Génération Plurielle


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