Jean-christophe Nef
Jean-christophe
Nef
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Un mensonge explosif : quelle vérité pour AZF ?

Ici, à Toulouse, le drame d’AZF a laissé des traces dans les mémoires… et dans les corps de certains ! Le bilan de cette explosion d’un stock de nitrate d’ammonium, entreposé dans l’usine, a été de 31 morts et 2 500 blessés. C’est pourquoi ce livre, « Un mensonge explosif »,  passionnera tant il est ancré dans notre réalité… En effet, l’auteur, Christophe Reydi-Gramond mêle habilement réalité et fiction dans un roman qu’on ne lâche pas facilement.

Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99% », déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne? Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie. (quatrième de couverture)

« Des parts de vérité dans un océan de fiction, ou peut-être l’inverse… »

L’histoire de départ est connue, mais le talent de l’auteur est de construire une histoire chorale où tous les personnages apporteront une pièce au puzzle de l’enquête. La thèse de l’accident sera battue en brèche au profit de celle de l’attentat… Mais cela est-il si simple ? La suite montrera que non !

Reydi-Gremond fait preuve d’une connaissance du dossier incroyable; les lieux, les témoignages sonnent justes… Ce sont des parts de vérité dans un océan de fiction, ou peut-être l’inverse… Car c’est la grande réussite de ce livre de nous laisser toujours troublé entre ce qui peut passer pour du reportage et ce qui est à l’évidence du roman… Une fois commencée, il est difficile de ne pas aller jusqu’au bout de cette histoire le plus rapidement possible.

Ce livre flirte avec la théorie du complot mais sans jamais y abonder… Il faut préciser au futur lecteur que même arrivé à la fin, il n’en saura pas plus sur AZF et son accident/attentat !

Et pour cet été un programme éclectique :

Le 14 juillet, Cats on Trees, avec Ayo, Vianney et EMJI, sur la prairie des Filtres avant le feu d’artifice…

Tout l’été la Cinémathèque renouvèle son opération « Cinéma en plein Air » dans sa cour, rue du Taur.

Et à ne pas rater, le Festival des Intimités qui permettra de voir Zebda, Cats on Trees (encore !), Jay Jay Johanson, Irma, Natacha Atlas dans des lieux improbables…

 

www.quincailleculture.wordpress.com

 

 


UN COMMENTAIRE SUR Un mensonge explosif : quelle vérité pour AZF ?

  1. GRESILLAUD dit :

    Outre l’humour savamment distillé, l’aisance de l’écriture et l’excellente matière à une scénarisation filmée, ce livre a l’énorme qualité de parler enfin de la colline de Pech David, située juste à côté du pôle chimique de Toulouse et d’évoquer l’existence d’installations militaires en liaison avec l’usine des poudres et explosifs SNPE encore en place aujourd’hui et voisine de l’ancien AZF. Tout en restant une fiction, ce livre suggère intelligemment que la piste de l’attentat a bien été montée de toute pièce, entre autre par des dirigeants du groupe pétrolier, pour égarer ceux qui avaient de bonnes raisons de ne pas croire à la thèse officielle de l’explosion unique au hangar 221. Ce livre suggère alors la thèse du sabotage technologique pour intérêt économique international… la meilleure voie, même si elle est inventée dans ce livre, pour expliquer à la fois des phénomènes antérieurs parfaitement perçus, pour expliquer la présence aérienne militaire dès la veille, pour expliquer le séisme principal souterrain sous Pech David et pour expliquer les intimidations avérées envers l’usine voisine SNPE dès le mois d’Août 2001. L’auteur pourrait même envisager une suite en s’intéressant à la raison pour laquelle le Ministère de la Défense a tenu fermement à garder ce site Seveso 2 de production des 3500 tonnes annuelles de perchlorate d’ammonium au milieu de la ville de Toulouse, juste à côté de l’Oncopole (ex-AZF), exposé aux plus grosses crues de la Garonne et en plein sous les derniers kilomètres d’atterrissage de Blagnac. Les souterrains sont toujours là et sont même plus faciles aujourd’hui à localiser grâce aux plans militaires des anciens réseaux électriques… il n’y a plus qu’à creuser !

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