Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Un désamour nommé Zemmour

Dans “La Ferme des animaux”, Éric Zemmour serait un veau. Ce croisé sans croix, pour reprendre l’expression d’A. Koestler, est en passe de devenir le meilleur vendeur de l’idéologie d’extrême-droite. Porte-parole d’une idéologie (numéro un des ventes sur Amazon) se présentant comme persécuté. Si vous cherchez l’idéologie, vous trouverez Zemmour. En voilà un qui rêvait de partir chercher un prix à Stockholm, mais n’en est revenu qu’avec le syndrome. Éric Zemmour, dans un passage de son dernier livre “Le Suicide francais”, cherche à minorer le rôle du gouvernement de Vichy dans la déportation des Juifs avec comme argument l’idée que cette déportation n’a en réalité touché que les Juifs étrangers et que la majorité des Juifs de France a été sauvée. Sauf que “Monsieur Zemmour” oublie que la catégorie des Juifs français s’est réduite dans les années 40 à une portion congrue, car Vichy avait annulé le décret Crémieux ainsi que les naturalisations prononcées depuis le milieu des années 20. Vichy pouvait bien protéger les Juifs français, puisqu’il les avait déchus de leur nationalité. D’ailleurs, Monsieur Zemmour, sous Vichy, en aurait été lui-même privé… Et s’il faut parfois penser contre soi, cela ne signifie pas se renier au point de se faire l’apôtre de ceux qui ont cherché à vous détruire. Et si on connaissait jusqu’à maintenant la défaite de la pensée, Monsieur Zemmour est une catégorie à lui tout seul : l’échec de la pensée.

 

« Monsieur Zemmour n’en a que faire »

 

D’ailleurs, peut-être que Monsieur Zemmour a entendu parler des différentes lois portant sur le statut des Juifs ? Probablement que son propre père a été exclu de l’école en Algérie du fait de sa confession, mais cela comme de la rafle du Vél d’Hiv, des déportations, etc., Monsieur Zemmour n’en a que faire. Ce qui compte pour lui, c’est sa croisade contre les “dogmes”. Et là, Monsieur Zemmour fait preuve d’un certain classicisme, puisque la réhabilitation posthume de Vichy, la fameuse “mémoire courte” de Jacques Isorni, la catégorisation comme détail des tragédies de la Seconde Guerre mondiale est devenue une tradition de l’extrême-droite française. Peut-être que le titre de cet ouvrage n’aurait pas dû être “Le Suicide français ” mais “L’Œuvre française”… Et là, pour reprendre la formule de Louis-Ferdinand Céline : Zemmour est un veau, mais c’est le plus con, celui qui suit le boucher…


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.