Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Un climat d’insécurité politique international

Après les attentats et la difficile cohabitation entre sécurité et liberté si clairement analysée dans “L’esprit des lois” par Montesquieu, voilà le retour des tempêtes financières. Le risque était connu et s’est concrétisé si rapidement que d’aucuns parle de 2016 comme « l’année du retour des crises financières ». Illustrations de ce nouveau chapitre : chute des indices boursiers, recul du CAC40 de 9,2% depuis le 1er janvier contre une hausse de 8,5% en 2015 ; quant aux cours du pétrole, il est passé sous les 30 dollars fragilisant un peu plus encore les pays producteurs et toute la filière pétrolière. Selon les observateurs, cette baisse brutale est le reflet d’une triple crise – chinoise, pétrolière, américaine – qui menace l’économie mondiale. Faudra-t-il parler pour définir l’année 2016, à la suite de F. Dedieu et de B. Mathieu (L’Expansion) de “l’effet pyralidé”, « ce papillon chinois, capables par leur seul battement de déclencher une catastrophe économique selon une réaction en chaîne… un accident de croissance à Pékin suffirait à ralentir la demande mondiale et le commerce international ».

« Une triple crise menace l’économie mondiale »

Triple crise donc avec ses trois chocs : 1/ Premier choc, il vient de Chine, avec sa transition économique difficile, son manque de performance, ses difficultés à réorienter son modèle de croissance vers la consommation intérieure, possible explosion de la véritable bulle d’endettement constituée depuis 2009, investissements représentant 47% du PIB. Il n’y a pas, pour le moment d’effondrement du régime, mais une multiplication des soubresauts dangereux pour ses partenaires, pas de dévaluation de la monnaie, mais pour combien de temps ? 2/ Le deuxième choc est marqué par la crise du pétrole qui s’accélère, en recul de plus de 15% depuis le début de 2016, au plus bas niveau depuis 12 ans avec l’effet d’entraînement sur les autres matières premières. 3/ Le troisième choc avec la situation des entreprises aux États-Unis : multinationales souffrant du ralentissement chinois et des pays émergents, fin du cycle de reprise de l’investissement, contraction de l’activité de l’industrie. Certes, volet positif toutefois d’une situation difficile, tous les patrons ou presque « se gargarisent de big data », affolent leur imagination avec de la 3D, mais la productivité par tête stagne désespérément. Nous voilà peut-être revenus, dans un climat d’insécurité politique international, au thème et à la réalité de la « stagnation séculaire, horizon indispensable », selon un économiste de Merrill Lynch, « de torpeur économique où se mêlent le réchauffement climatique, la crise du progrès et les questions démographiques ». Le quatrième choc est-il pour l’Europe ?

 

 

 


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