Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Un bon coup de jeune !

« La vieillesse est un naufrage » disait le Général de Gaulle. S’il y a bien un homme qui ne pense pas comme l’homme du 18 juin, c’est Robert Redeker dont le dernier opus ‘’Bienheureuse vieillesse’’ vient de sortir aux éditions du Rocher.

Le philosophe toulousain y livre au fil des pages un éloge de la vieillesse, la première ligne de la quatrième de couverture mettant le lecteur au parfum puisqu’elle commence par un flamboyant : « Vous prenez de l’âge ? Réjouissez-vous ».

Oui, réjouissons-nous toutes et tous de prendre de l’âge puisque la vieillesse est la suite d’une grande et belle aventure qui s’appelle la vie, vie dont les limites sont sans cesse repoussées du fait des progrès constants de la science.

« La société actuelle et de son jeunisme devenu insupportable »

Cet ouvrage a ceci d’extraordinaire qu’il manie le contre-pied à la manière d’un Michel Platini frappant un penalty ou d’un Philippe Sella réussissant un cadrage débordement : avec maestria !

Maestria car il va totalement à contresens de la société actuelle et de son jeunisme devenu insupportable. Insupportable car il marginalise tout ce qui fait le charme de la vieillesse. Les crèmes anti-âge ? Bientôt appliquées par les ATSEM dans les écoles maternelles. Une première ride ? Botox puis chirurgie esthétique. Les émissions de télé réalité ? Ouvertes aux jeunes uniquement (ce qui prouve soit dit en passant que la jeunesse peut être elle aussi un naufrage). Pour ce qui est du sport, certains envisageraient d’attribuer la ‘’carte vermeil’’ à tous les plus de trente ans. Quant à la politique, il suffit aujourd’hui d’avoir moins de quarante ans, être femme et idéalement issue d’une minorité visible pour se voir tresser des couronnes de lauriers même si votre culture générale est proche du néant et votre culture politique ou économique abyssale.

Rien à voir avec l’interview magistrale donnée il y a un an sur Sud Radio par Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien président de la République étant alors âgé de 88 ans. Dans cette interview, VGE démontre qu’on pouvait être un quasi nonagénaire et avoir une approche visionnaire, moderne, lucide de la situation de la France et de celle du monde, bien loin des politiques actuels qui ne manient que le politiquement correct et la langue de bois.

Si Jacques Brel chantait : « Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps. Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant », Robert Redeker donne à la vieillesse une nouvelle jeunesse dans cet ouvrage qu’on ne peut que chaudement recommander.

 

 

 

Photo « Bienheureuse vieillesse » (Nas)


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