Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Tout fout le camp ? Même l’immobilier ?

En France, d’après le gouvernement, il manque des logements et les prix sont trop élevés. Mais, comme l’hypocrisie a un sens, les politiciens ont l’idée géniale de continuer à augmenter la fiscalité. Où ont-ils vu que cette solution donnait d’excellents résultats pour retenter l’expérience ? Ainsi le maire d’une commune où il existe un prétendu déséquilibre peut appliquer une surtaxe de 20% sur la taxe d’habitation (à Toulouse, c’est fait) des logements vacants ou sous-utilisés (résidences secondaires). Une telle mesure mesquine donnera quelques subsides temporaires à son budget communal, mais l’offre de logements ne s’étendra pas plus que le marché ne le décidera en fonction des conditions économiques. Avec près de 6 millions de logements de ce type, qu’attendre de cette surtaxe ? Un accroissement de l’offre locative ? Peut-être, mais à la marge. Louer un logement est un risque au coût qui peut être plus élevé que de le laisser vacant en payant une surtaxe. Vente du bien immobilier ? Dans un secteur « déséquilibré », l’acheteur sera forcément … aisé ou au moins solvable. Quelle destination aura ce logement : habité par son acheteur, loué, vacant ou résidence secondaire ? Vu le stock de logements à vendre, gageons que cette vente s’éternisera, sauf à accepter de le vendre à un prix plus bas que celui du marché au lieu d’attendre le pigeon sur un prix spéculatif.

« Le système politique à l’interventionnisme pervers »

Car les prix baissent après la hausse exagérée des 15 dernières années, et baisseront durablement. Epoque révolue que celle qui voulait que lorsque les taux de crédit étaient hauts, les prix immobiliers étaient bas ou à l’instar de la période actuelle, avec des taux bas, les prix sont hauts. Cette vision purement mercantile des vendeurs a été entretenue par les lobbies de l’immobilier, y inclus le système politique à l’interventionnisme pervers sur ce secteur. Seule l’inflation, ou tout au moins la perte de la valeur de la monnaie, peut donner l’illusion que les prix ne baisseront que faiblement. Le besoin de croissance de logements se situerait entre 300 et 500 000/an. Même si la chute des mises en chantier se discute, ces chiffres n’impactent pas profondément le stock et le parc. En conclusion, il n’existe pas une pénurie de logements mais une inadéquation entre l’offre et la demande. Pas de pénurie d’offres mais des vendeurs gourmands et pressés de vendre, des acquéreurs qui ne se bousculent pas à l’achat malgré les taux faibles des crédits, une législation locative abusive et une fiscalité dissuasive sur la propriété, tout cela ressemble à une belle bulle qui ne demande qu’à exploser. Une nouvelle fois, preuve est faite que l’interventionnisme politique est à l’origine des crises que le marché doit corriger… si cette possibilité lui est donnée !

 

 

 


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