Pierre Juston
Pierre
Juston
Militant du PS

Toujours plus adroit(e) ?

« Bouleversé et horrifié…», ce sont les mots du maire de Toulouse que nous partageons toutes et tous, je l’espère, à propos de ce qu’il convient d’appeler « la crise des migrants ». « L’émotion que soulève cette tragédie est légitime et nous la partageons totalement » déclare l’intéressé le 05 septembre dernier, mais… (oui il y a un mais), il « ne serait pas responsable à l’égard des migrants, comme des Toulousains, tous sensibles à leur tragédie, de lancer des initiatives isolées, ou de proclamer des engagements fragiles ou sans garantie ». Visée par cette dernière phrase, l’initiative d’un groupe d’élus de Haute-Garonne sous l’impulsion du député Christophe Borgel appelant à un sursaut Républicain pour accueillir les migrants. Je dois dire que je reste coi devant la pertinence de l’action municipale de Toulouse concernant cette crise. Comme l’exprime Monsieur le maire, dans l’absolu, la solution est à chercher au niveau européen et international, mais la pertinence de l’action politique semble quelque peu différente face à une situation d’extrême urgence, situation dans laquelle nous sommes largement ! Alors que Monsieur Moudenc ajoute qu’il faut « combattre l’expansionnisme violent de l’islamisme radical au Proche Orient » (comme s’il n’était pas possible à la fois d’accueillir les victimes et de tenter de stopper cette vague de haine), Monsieur Leonardelli (secrétaire départemental du F.N) semble plus assuré dans ses convictions. Il écrit noir sur blanc sur son blog que ces migrants sont les futurs Merah de Toulouse et que « le Front national se fait l’avocat des habitants de ces communes », la peur au ventre devant « ces loups sanguinaires une fois installés sur nos territoires ».

Votre inertie complaisante Monsieur Moudenc, devant une crise grave, ne vaut-elle pas une passivité couarde, de ces silences de ceux qui attendent dans leur coin que la caravane passe … ? Alors je m’indigne devant de telles déclarations, si loin des valeurs humanistes et progressistes que sont celles des républicains (les vrais) : ces maires de gauche et de centre droit qui ont fait le choix d’agir ! Qu’il est facile de s’indigner me direz-vous, c’est vrai mais c’est un préalable et comme l’écrit Stéphane Hessel la faculté de s’indigner est « une composante essentielle qui fait l’humain (…) une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence ». Je trouve que cette attitude attentiste relève d’un dérapage qui n’est pas acceptable voire indigne d’une personne estimable, qui n’est pas, dans cette situation, à la hauteur de la fonction de maire de la quatrième ville de France. Il n’est pas envisageable que l’on puisse à la fois s’accaparer la qualité de républicain et que l’on soit dans l’incapacité d’en assumer le centième des valeurs dans son action, ou devrais-je dire, dans son inaction.

Est-ce une manœuvre politicienne, en amont des élections régionales, pour capter un électorat particulier, ou une simple maladresse dans un contexte mal évalué ? J’ai tendance à laisser le bénéfice au doute mais il n’en reste pas moins que la manœuvre n’est pas adroite. Elle signifie en revanche que la posture politique de certains,  déconnecté de la population toulousaine, tend toujours plus à droite, mais jusqu’où ?

 


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