Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

To be or not to be … Charlie?

Telle est la question. Ceux qui s’affichent “Charlie” seraient les défenseurs de la liberté d’expression, en opposition à ceux qui refusent le “Je suis Charlie”. Le moment de l’émotion passé, revenons sur Terre pour constater qu’on ne peut réduire la liberté d’expression à un simple slogan de soutien à un hebdomadaire de caricature. “Charlie Hebdo” n’est qu’un bouffon moderne, tout juste toléré, dans un pays dit “démocratique”. La liberté d’expression est d’une tout autre nature. « Chassez le naturel, il revient au galop », dit le proverbe. Pour la liberté d’expression, il s’applique bien aux gouvernements. Les politiciens s’emploient depuis des décennies à grignoter les libertés individuelles pour faire des citoyens leurs esclaves, conformes à la pensée unique du moment. Juste après l’attentat, la meute politique expliquait que la liberté d’expression était menacée par le terrorisme. La semaine suivante vient la condamnation de plusieurs personnes, dont l’humoriste engagé Dieudonné pour des slogans détournés. Autre liberté d’expression. Certes, via des propos imbéciles ou choquants, mais sûrement pas les signes d’une prétendue “apologie du terrorisme”.

Avant la liberté, parlons de l’expression. Ces trois meurtriers, français, étaient-ils des terroristes ou juste des criminels ? Ont-ils commis un attentat ou des meurtres ? Aux Etats-Unis ou en Norvège, des actes similaires, voire plus conséquents, sont plutôt associés aux termes “fusillade” ou “tuerie”. N’existe-t-il pas là une volonté politique de manipuler l’opinion par la presse ? En s’identifiant à Charlie, ce n’est pas la liberté d’expression qui a été mise en avant. Mais la peur de nos dirigeants face à leur incapacité à nous apporter à la fois sécurité et liberté. Les gouvernements français mettent depuis plus de deux siècles le masque des droits de l’homme et du citoyen. Mais derrière le masque, ils ne ratent jamais l’occasion de sombrer dans le sécuritaire, le liberticide, au lieu de garantir nos droits naturels. Rappelons que les vrais droits ne sont pas collectifs, mais individuels. Il faut constater que très largement, la presse est en France un milieu de connivence avec le pouvoir, appartenant à de grands groupes privés et vivant de subventions issues de l’État-Léviathan. À cette dépendance économique des journaux, on peut ajouter que les journalistes trahissent leur mission en bénéficiant d’une niche fiscale et en étant idéologiquement très marqués. Or la presse, pour être en accord avec la liberté d’expression issue du siècle des Lumières, ne peut être qu’une activité marchande comme une autre, se soumettant aux lois du marché, c’est-à-dire de l’opinion. Libre, si justement crédible et indépendante face à l’opinion. Telle est la réponse à la question !


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