Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

The King of buzz

Il est revenu, tout le monde ne parle que de ça. Et c’est normal. Le jeu médiatique veut ça. Et le jeu médiatique n’a jamais eu d’autres préoccupations que de vendre, aujourd’hui, du clic. Du clic, il sait en vendre, celui qui revient. Du buzz. Créer du buzz pour éviter de parler des choses qui piquent. Les idées. Un nouveau parti en préparation. Pourquoi pas ? La France va mal ? Une nouvelle République. La droite est en décomposition ? Un nouveau parti. Le règne du nouveau, vendre un vieux avec un nouvel emballage. Oublier. Oublier ce qu’il a été et ce qu’il sera, fourguer du renouveau comme on refourgue de la sape dans les vides greniers. Ne pas parler des affaires, de ce qui tache. Comme un sou neuf, il faut qu’il brille et sans jamais proposer autre chose que ça. Un renouveau de quinze jours. Au mieux. Ici, on est plutôt tranquille, en tous cas on n’est pas bousculé par la gauche toulousaine quand on se balade en ville.

« La gauche toulousaine pas franchement gaillarde »

La gauche toulousaine, déjà pas franchement gaillarde en matière de politique de proximité pendant les six ans de leur prise du capitole profite des tumultes du national pour peaufiner son absence. Certains essaient de raser les murs en espérant que le président tombe au plus vite, d’autres avancent masqués et d’autres n’avancent pas du tout. A l’heure du grand changement qui se profile, car oui, grand changement il y aura qu’on le veuille ou non, la gauche locale et nationale hésite entre scission et refondation, entre insultes et union. Et pendant ce temps. Il revient. Hésiter ? La droite de son côté ne connait pas. Elle travaille pour ses électeurs. Et elle a raison. Travailler pour ses électeurs, c’est une base politique comme une autre. La gauche n’a jamais su le faire. Et au contraire, comme au national, la priorité est de montrer que les gens sérieux sont libéraux. Vraiment ? A quel moment le « grand rien » a vaincu la gauche ? Et pourquoi devrions-nous aujourd’hui bâtir nos idées et nos projets autour de ce « grand rien » ? Pourquoi aujourd’hui devrions-nous construire nos combats autour d’une nouvelle République voulue, certes par une grande partie de la vraie gauche, mais aussi par le Front National ? Pourquoi se réfugier derrière l’outil quand on n’explique pas à quoi cet outil devrait servir ? Remettre à plat, occuper le terrain, le vrai, la rue. Comme le font aujourd’hui les travailleurs sociaux. Ici et maintenant. Et se demander pourquoi les partis ne sont plus acceptés par les militants, pendant les manifs et les rassemblements. Se demander pourquoi le « grand rien » a gagné. Et le vaincre. Pour de bon.


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