Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Suspense d’entre-deux tours

Alors que l’ombre de “l’Etat Islamique” pèse sur la fusillade qui a fait 14 morts et plusieurs blessés en Californie, que l’état d’urgence est en passe d’être constitutionnalisé dans une France ; alors que la Nation “bleu-blanc-rouge” s’apprête à redevenir “électrice”, chacun est déjà en attente des décisions des états majors politiques dans un entre-deux tours dont les enjeux sont déterminants pour un second tour qui constituera le seul référant chiffré et qualifié jusqu’aux présidentielles de 2017. A quelques jours du second tour, de multiples inconnues subsistent : une date inhabituelle à quelques jours des fêtes de fin d’année, une absence de report de l’élection après la mise en place de l’état d’urgence, un état d’esprit du citoyen désenchanté vis-à-vis du politique ou une volonté assumée de transformer la République en “démocratie autoritaire”, des vœux de front républicain comme en 2002 ou un refus des états-majors préférant, au risque de laisser passer le FN, rester en place dans un affrontement “suicidaire”. A quelques jours du second tour, les questions se posent : jusqu’à quel niveau le FN va-t-il grimper et l’extrême droite sera-t-elle en mesure pour la première fois en Europe de diriger, seule, une voire plusieurs régions ?

 « Jusqu’à quel niveau le FN va-t-il grimper ? »

Jusqu’à quel étiage l’électorat compte-t-il s’engager, cela au rebours des valeurs républicaines et de “l’esprit de la France”? Jusqu’où la peur, la colère, le désenchantement peuvent-ils conduire un électorat en quête de sécurité, d’autorité ? Autant de questions qui n’éliminent pas cependant les autres : l’électorat poursuivra-t-il son abstention ou la campagne de l’entre-deux tours le conduira à se mobiliser pour écarter le FN ou pour conduire à la démission du Premier ministre ? Y aura-t-il  un sursaut de mobilisation de l’électorat de gauche ? Le président de la République devra tirer les leçons politiques de l’ambiance et du résultat des négociations de l’entre deux tours mais aussi de la somme arithmétique des voix de chacun des trois partis qui composent le paysage politique pour sa campagne présidentielle, mais aussi dans l’immédiat : l’hypothèse de plus en plus probable d’un gouvernement Macron. Curieux second tour qui va accoucher d’un paysage politique irréel alors même que les “super-nouvelles régions” sont des “tigres de papier” aux pouvoirs et aux marges de manœuvre limités, notamment face au développement des métropoles et des intercommunalités. Autant dire que le vote de l’électorat ne fera pas surgir un nouveau messianisme régional mais plutôt une expression politique pré-présidentielle !

 

 

 


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