Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que les derniers bouchons viennent de donner raison à « Bison Futé » (appellation dorénavant incontestable au point de condamner les cavaliers des vacances en jockeys de mulets n’avançant plus sur l’asphalte autoroutière) et que le temps des catastrophes (des plages aux voies ferrées) et des disparitions alimentent la chronique, le moment est peut-être venu, pour les politiques, de découvrir à nouveau une méthode d’argumentation théologique très ancienne, développée notamment par les jésuites : la casuistique reposant sur quatre piliers : proximité, pragmatisme, principe et performance. Il faut en effet d’abord être empathique et solidaire des cas particuliers, de ce qui semble petit pour remonter vers le plan général ; mettre au premier plan la pratique plutôt que la théorie ; rappeler les principes originels (la philosophie et l’histoire de l’État-Nation, de la République et de sa philosophie, de l’intrication de l’un et de l’autre dans l’idée et la politique européennes) ; enfin performance (dans une communication politique enfin cohérente et des politiques publiques permettant de relever les défis du chômage et de la croissance).

Dès lors que les républicains du gouvernement sauront faire naître un style nouveau et paraître (« qui dit la vérité de l’être » pour R. Camus) innovant alors la donne électorale de 2014 pourrait mieux faire face aux destins populistes des municipales et des européennes. On peut toujours rêver ! D’autant plus que le Conseil d’État, pour la deuxième fois en deux ans, vient d’annuler un arrêté ministériel d’interdiction de la culture du maïs transgénique MON810 en France. C’est désormais aux politiques d’assumer leurs choix, pleinement, absolument, en se posant les questions qui méritent de l’être et que rappelle Le Monde du 4 août 2013 : « qu’ont à perdre ou à gagner les agriculteurs et les consommateurs européens à se priver des biotechnologies végétales ? Et jusqu’où nos sociétés veulent aller dans la domestication du vivant ? » A l’Union européenne de surmonter ses divisions pour réformer un système d’autorisation aujourd’hui dans l’impasse ; aux politiques et aux médias de dépasser le débat manichéen et stérile entre Pro et Anti-OGM ; en un mot, être enfin à la hauteur de défis que la science, la médecine, Internet lancent au monde politique qui n’a pas tort de juridiciser les problématiques mais qui aurait tout intérêt à avoir le courage de les traiter politiquement. En suivant le vœu de Montesquieu qui souligne que « dans un État populaire, il faut un ressort qui est la vertu. » Tâchons d’être vertueux, c’est-à-dire courageux.

 

Stéphane Baumont


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