Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Sivens : où est l’État de droit ?

Au-delà de la mort d’une personne et de son exploitation insupportable par les deux camps dans la violence et la radicalisation, l’affaire est l’occasion de s’interroger sur le fonctionnement des institutions françaises. Lors de mon débat dans l’apéro politique de votre journal préféré avec un militant du PRG (Parti Radical de Gauche) au sujet du réservoir de Sivens, est apparue la question du respect des règles dans un État de droit. Concernant Sivens, où sont les règles ? Si l’État avait des règles de droit claires, comment ce projet pourrait-il être remis en cause par les politiques eux-mêmes ? Doit-on s’appuyer sur ce que le système politique du département a décidé ? Doit-on s’appuyer sur ce que la justice a décidé ou suivre ce que les experts, en désaccord entre eux, écrivent ? Sinon, doit-on céder aux groupes extrémistes ? (Des groupes guère plus extrémistes que les politiques abusant sans scrupule de leur pouvoir avec l’argent du citoyen.) Et qui est ce « on », en fait ? Sommes-nous encore dans un État de droit ?

« L’homme politique joue à l’entrepreneur »

Si l’État français respectait les règles du droit naturel au lieu de bâtir un droit positif, impénétrable même pour sa justice, nous n’aurions pas ce débat. Mais l’homme politique joue à l’entrepreneur, prétendant développer une politique économique, là où en fait, il distribue des faveurs à des lobbies avec l’argent des autres. Ce réservoir d’eau est-il utile ? Peut-être, mais alors que ceux qui le pensent n’exploitent pas le pouvoir de l’État pour exproprier, indemniser les terrains et faire construire le barrage avec l’argent du contribuable. Qu’ils y investissent leur capital propre et assument le risque. Car bien sûr, c’est à ceux qui voient une utilité dans ce projet de s’y lancer et de l’amortir avec la vente de leur production. Voilà le vrai droit et le vrai courage. Ils ne sont pas propriétaires des terrains ? Qu’ils créent une société commerciale et réussissent à convaincre du succès de leur projet. S’il est si utile, il devrait être aisé d’acheter les terrains nécessaires au projet. Il y a des opposants au projet ? Soit. Mais vouloir convaincre de l’inutilité du projet n’autorise pas à sortir du droit. Qu’ils achètent les terrains pour en devenir les légitimes propriétaires. Ils sont anticapitalistes ? Soit. Mais qu’ils ne réalisent pas que tout homme est capitaliste par nature ne leur donne pas pour autant droit au recours à la violence. En se croyant dans la jungle, qu’ils ne s’étonnent pas de subir la violence. L’État français, en ne respectant pas la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ne peut que récolter la violence qu’il provoque par ses lois arbitraires. L’État de droit n’est plus, en ce pays.


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