Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

Si la gauche toulousaine se relevait…

 

Si la gauche toulousaine se relevait un jour, ce ne sera pas avec les vieux meubles. La « Une » du Journal toulousain aligne Pierre Izard, Pierre Cohen, Martin Malvy et François Briançon comme acteurs de cet éventuel « renouveau ». Ils sont pourtant acteurs du vieux monde politique, celui de la croyance en une vie publique animée uniquement par les partis et leurs manœuvres, celui du soutien à un gouvernement aux recettes économiques inefficaces et injustes, celui des arrangements de Congrès et des imbroglios « à la fédé. » Présenter quatre hommes, dont la moyenne d’âge approche les 63 ans, qui vivent de la politique depuis des décennies, comme une piste d’espoir pour la gauche toulousaine…pas réjouissant. Cela n’est pas une attaque ad hominem, elle serait déplacée et insultante.

C’est une question de sociologie de nos représentants et magistrats. Car en ne faisant pas la place « aux autres », on empêche la transmission et la formation de ceux qui n’ont pas le « profil type ». Un mandat de conseiller général, par exemple, détenu depuis 1967 par la même personne, cela fait beaucoup d’occasions ratées de laisser quelqu’un d’autre faire irruption dans le monde des dossiers, des intérêts particuliers et de la recherche de l’intérêt général. Cela construit un « système » indéboulonnable, soutenu par une armée de gens qui ont intérêt à ce qu’il se maintienne. Un mandat de conseiller régional, autre exemple, détenu depuis 1986 par la même personne…vous connaissez la suite. Surtout quand ce mandat était précédé d’un mandat de conseiller général depuis 1970…

 

« Changer de politique »

 

Bref. En plus de changer de politique, car le libéralisme (même soi-disant « social ») nous tue, il faut aussi changer les personnes. Ce n’est pas aux partis politiques que je demande cela, car ils ne le feront pas d’eux-mêmes.

Il faut que la Constitution limite le nombre de mandats successifs qu’un élu peut briguer.

Il faut que la Constitution limite le nombre de mandats simultanés qu’un élu peut honorer.

Il faut que la Constitution instaure la proportionnelle aux élections, avec mécanismes stabilisateurs (« anti-4e République »).

Il faut que l’Ecole, la famille et les médias disent aux filles qu’elles peuvent faire de la politique, il faut que le droit du travail permette aux travailleurs de contrôler leur outil de production, il faut que la République fasse des arabes et des noirs des citoyens politiques comme les autres.

Et alors, dans 20 ans, le Journal toulousain, à qui je souhaite longue vie, pourra faire des « unes » sur l’avenir de la gauche (ou de la droite ?) un peu plus « mélangées ».


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