Philippe Goirand
Philippe
Goirand
Militant de Nouvelle Donne

Si la COP 21 devait accoucher d’une souris (verte)…

La COP 21 semble partie pour accoucher d’une souris. La machine à « green washing » du gouvernement est lancée. On organise des réunions, des trains pour le climat, pour montrer aux citoyens comment être de bons écologistes.

Mais la question n’est pas là. La COP 21 est une négociation entre les états pour qu’une vraie dynamique de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre soit engagée, avec des objectifs clairs, des moyens pour les atteindre, des outils pour évaluer, valoriser ou sanctionner.

C’est donc à nos femmes et hommes politiques de prendre leurs responsabilités, au président et au gouvernement de la France, pays d’accueil de la COP 21, de donner l’exemple.

Mais ce sont les contre-exemples que ce gouvernement accumule : réduction de l’aide au développement, relance du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ajournement de l’appel à projet pour les transports collectifs urbains, retard pour la circulation alternée en cas de pollution, retard des décrets d’application de l’indemnité kilométrique vélo (IKV) votée cet été, abandon du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim…

Ségolène Royal découvre aujourd’hui le biogaz issu des déchets (des bus roulent avec en Suède depuis 1941), elle suggère des journées sans voiture (apparues en 1956). Notre président et ses ministres semblent se dire que le réchauffement climatique devrait encore être supportable en 2017. Il est vrai que nos enfants ne voteront pas encore cette année là.

Alors, si la COP 21 devait accoucher d’une souris, il faudrait que les citoyens réagissent… D’abord en se mobilisant pendant la COP 21 dès le 29 novembre. Pour faire comprendre à nos élus que si la survie de l’humanité ne les intéresse pas, nous ne voterons plus pour eux, même face à des extrémistes.

Si la COP 21 devait accoucher d’une souris, Nicolas Hulot devrait sans doutes se présenter aux présidentielles. Et pas besoin d’investiture de parti politique, tellement il apparaît comme rassembleur “naturel” des écologistes divisés et bien au-delà.

En 2012, j’ai soutenu Eva Joly comme candidate à l’élection présidentielle pour Europe Écologie Les Verts. J’ai pensé que le combat qu’elle menait depuis longtemps contre les mafias financières était un préalable indispensable à une vraie transition écologique. Je le pense toujours, même si la campagne présidentielle a été loupée pour de multiples raisons, dont le vote utile face au FN.

Nicolas Hulot est aujourd’hui clair sur notre obligation de retrouver un état régulateur, de mettre au pas la finance meurtrière, d’utiliser tous les leviers possibles dont la fiscalité pour réorienter notre économie vers des emplois durables. C’est la seule personne incarnant un espoir en matière d’écologie en France. C’est la seule personne qui peut rassembler au-delà des partis de gauche et écologistes pour une alternative crédible au marasme actuel et aux lendemains catastrophiques.

François Hollande doit comprendre que s’il n’agit pas immédiatement, concrètement et sincèrement pour le climat, en engageant sur le court et le long terme un changement radical dans notre utilisation des énergies fossiles et nucléaires, il est mort politiquement et le PS avec.


UN COMMENTAIRE SUR Si la COP 21 devait accoucher d’une souris (verte)…

  1. Pierre-Louis GOIRAND dit :

    Hello Philippe,

    Quand tu parles de ” Green washing ” gouvernemental, je partage complètement ton point de vue.
    Par contre, Michèle RIVASI, que j’ai eu la chance de rencontrée grâce à Daniel IBANEZ du mouvement NOTAV, explique que malgré cette hypocrisie générale les idées écolos se distillent peu à peu (surtout chez les jeunes et les enfants). Même si c’est (trop) tardif, c’est déjà pas mal !

    Ici, à Grenoble, avec Eric Piolle se pose également la question du consentement et de l’adhésion de la ” populace ” au programme porté par un maire qu’elle a pourtant élu.
    ” Faire du ” Rouge ” (Social) est assez facile mais le ” Vert ” (Ecologie, c’est autre chose ! ” me disait cet été Élisa MARTIN (1ere conseillère municipale)
    Le problème est bien là : ” Green washing ” versus ” Alter washing “.
    Nous nous demandons ainsi si l’Ecologie quand elle décider doit en permanence se recalibrer (souvent à la baisse) face à la vindicte populaire ?
    Parler d’ ” Ecologie Imposée ” ou même de ” décroissance ” n’est pas du tout ” vendeur ” surtout en période d’élections régionales.
    L’idée serait aussi que les politiques arrêtent d’être plus dans la posture que dans l’action.
    Je crois à l’effet ” Tache d’huile vertueuse ” pour reprendre la main, le citoyen étant le seul capable et légitime pour cela. Le sentiment que l’idée politique est dépassée face à la catastrophe annoncée est de plus en plus forte chez moi. J’ai des amis ” de droite ” qui sont bien plus préoccupés par l’avenir de la planète que pas mal des petits cons(sumeristes) des cités qui se la pètent en 4 X 4 où en grosses BMW. L’éducation populaire a plus que jamais son rôle à jouer.

    Dernier point : Grace au coté ” maniaque” des Alsaciens, Fessenheim (même si elle est la plus vieille) n’est pas la centrale française la plus pourrie. Loin de là !

    Bon dimanche à toi et à tes lecteurs.

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