Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Shakespeare m’inspire

À l’étude de l’actualité pour rédiger cette chronique, je me suis pris un tant soit peu pour Hamlet, non par amour du Danemark, mais pour la célèbre réplique « il y a quelque chose de pourri ». D’où qu’elles viennent, quasiment toutes les informations font réagir vivement. Vous voulez des exemples ? Cela débute par la cession du château Clam-Gallas, à Vienne, au Qatar… sans aucun appel d’offres par l’État français ; puis, je lis que le rappeur, clasheur, donneur de leçons Booba allait intervenir à Harvard et donner une conférence. Pourtant ils ont de bons spécimens outre Atlantique… Cela continue avec les laïus des uns et des autres au sujet de l’intérêt des “lanceurs d’alertes” à la sortie du scandale des Panama papers, alors que nous laissons Balkany siéger et voter au sujet de l’indépendance des juges, et trois de nos compatriotes potentiellement encourir 10 ans de réclusion pour avoir lancé l’alerte “luxleaks” : en résumé, vous lecteurs, artisans, patrons de TPE ou PME, êtes soumis à l’impôt sur votre société en France et même au Luxembourg, mais par optimisation fiscale bien opaque, les grosses entreprises ne paient que 3% d’impôt. Bref, l’ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Junker ne risque rien du tout, bien qu’ayant fourni les moyens de priver les États de solidarité ! Mais revenons en France : une institution a de gros ratés. Il s’agirait d’un véhicule, l’on dirait alors que ça sent la casse. Par deux fois, sur deux sujets totalement différents, en l’espace de quelques jours, le Conseil d’État a rendu deux décisions que je respecte mais que je juge ubuesques. D’une part, il s’agit de l’élection départementale de mars 2015 dans le canton de Castanet-Tolosan. Les deux élus ont gagné devant leurs adversaires de 17 voix dans un canton de 17 000 électeurs. Des irrégularités ? Les perdants obtiennent un recours de la part du tribunal administratif. Les élus ne se laissent pas faire et s’adressent au Conseil d’État qui va trancher en leur faveur pour une avance de… deux voix. Sans compter qu’il déjuge le tribunal administratif ! D’autre part, le Conseil d’État vient de justifier par arrêté que la région Rhône-Alpes va pouvoir utiliser 400 000 euros des citoyens français pour embellir un édifice religieux situé hors de nos frontières : la basilique d’Annaba en Algérie. Une grave entorse à la loi de 1905 réalisée au moyen de contorsions cérébrales à faire mal aux cheveux.

“Il y a de quoi râler et se sentir en colère”

Le portrait d’une semaine d’actualités aussi insolites ne serait pas complet si je n’abordais pas la polémique toulousaine du moment. La fête de la musique du 21 juin prochain et la privatisation de la place du Capitole pour une émission de TV du service public. Il fallait le faire… C’est en cours. L’excellent journaliste Fabrice Valery justifie ces demandes d’accréditations préalables pour déambuler place du Capitole le 21 juin en arguant qu’il s’agit d’une émission TV et non de LA fête de la musique. La déontologie journalistique voudrait que ce type d’arguments soit étayé et non écrit à la va-vite dans un seul esprit corporate. Ha oui ! Le sieur Valery travaille à France Télévision. Bref s’il s’agit de sécurité, je me demande pourquoi la fanzone de l’Euro2016 allées Jules Guesde ne bénéficiera pas d’autant de moyens techniques pour prévenir de tout souci. Je pense que les matchs vont au moins attirer autant de monde s’il fait beau et si la France fait un parcours honorable qu’une émission présentée par Garou !

Bref, comment créer de la discorde à l’occasion d’un moment de partage…

Je suis loin d’être un vieux con qui regrette le passé où tout était mieux. Mais il y a de quoi râler et se sentir en colère. Derniers exemples : la France signe un méga contrat industriel de 34 milliards d’euros, enregistre une vraie baisse du chômage ; eh bien non, la politique de François Hollande est toujours jugée nulle et lui un horrible président. Il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce monde !

 


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