Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Ségolène Royal à Matignon ?

Au-delà de l’ode médiatique à l’écrivain Philip Roth, de «l’accord de façade» à Bruxelles  entre François Hollande et Mme Merkel, du raté des services secrets dans l’affaire Merah (la DCRI savait tout du profil du tueur de Toulouse), de la relation des derniers jours de Khadafi (un membre des forces spéciales françaises aurait-il lui-même tué le «Guide»?) et de l’assassinat à la voiture piégée du Général Chef des renseignements libanais, c’est autour de trois événements que s’ordonne l’actualité et ses problématiques du moment : la présence médiatique du Président Hollande sur l’Europe et celle de son ancienne compagne Ségolène Royal dans le journal «Le Monde» ; le cri d’alarme du juge Thiel (chargé de l’antiterrorisme) concernant la Corse ; enfin l’avenir de l’Europe avec la possibilité de trois crises à venir. Tout d’abord le chassé-croisé du Président et de S. Royal, hasard, médiatisation organisée ; si oui, à quelle fin ; reprise en main du secteur régulier des affaires étrangères par le Chef de l’État, «resacralisation» – par son allure hiératique et le caractère officiel moins d’une «première Dame de France» qu’éventuelle Premier ministre (ce serait la première fois sous la V° République qu’une ancienne candidate à la Présidence et ancienne compagne du Président en exercice s’imposerait dans le paysage politique). A coup sûr, son discours de politique générale est déjà prêt. Qu’on en juge avec les «trois changements» annoncés : 1) «La Démocratie parlementaire ; le Parlement doit retrouver un espace d’initiative» 2) «La Démocratie territoriale avec une nouvelle phase de décentralisation» 3) La Démocratie citoyenne et participative».

Un vrai programme primo-ministériel agrémenté du «passons au rêve français» qui l’installe à nouveau dans le paysage de la gouvernance comme si une «autre Ségolène Royal» venait soudain s’inviter au cœur ardent d’un système en difficulté aujourd’hui. De son côté, F. Hollande (plus Président gaullien que jamais dans le journal «Le Monde» du 18 Octobre) déclare avec quelque audace : «La sortie de crise c’est l’euro, nous en sommes près, tout près… Quant à l’union politique, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale». En un mot, le temps de la «Présidence normale» est derrière nous mais la faiblesse du Premier ministre pourrait rebattre les cartes avec des originales (notamment de conflits d’alcôve entre celle d’hier qui reste attachée au pouvoir ; et celle d’aujourd’hui, en place à l’Élysée sans vrai pouvoir institutionnel). Quant au juge Thiel, il résume la situation en Corse par ces deux questions : «Qui est fort en Corse ? Le crime organisé. Qui est faible ? Les élus.» Il est convaincu que le nationalisme, le crime organisé et la vendetta alimentent la violence insulaire. Il s’inquiète aussi de la faiblesse de la réponse judiciaire. Enfin, l’Europe et ce que certains spécialistes appellent «les trois crises à venir» comme si, après la crise de l’euro venait «le temps des crises de l’Europe» : 1) Crise budgétaire sur le budget communautaire pluriannuel (vers un veto de Cameron ?) 2) Opposition de la zone euro à l’Union Européenne à 27 (fin du maintien du marché unique homogène) 3) Le contrôle économique au sein de l’Union Monétaire. A ces crises à venir, il faut ajouter la promesse de Hollande du «choc de compétitivité» dont les marchés attendent la réalisation. Il y a le rapport Gallois et il y a la réalité d’une compétitivité retrouvée !

 

Stéphane Baumont


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