Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Savez-vous planter les navets ?

Achat d’un billet de train. En apparence, une action banale pour bon nombre de Français voyageurs. Mais ce jour-là, c’est l’exaspération. Au moment de réserver mon voyage, une publicité brûle l’écran de mon ordinateur, et mes yeux par la même occasion : celle de Vive la France, de et avec Michaël Youn. Encore cette affiche ! Je pourrais la décrire les yeux fermés.

 

Depuis plusieurs semaines, on la voit partout : dans le métro, dans le journal, à la télévision. Tout le monde sponsorise le film mais personne n’a envie de la voir. José Garcia, qui accompagne son copain Michaël dans le film, fanfaronne au JT de Laurent Delahousse, pendant que Monsieur Youn parcourt les routes de France pour promouvoir son bébé. Enièmes tentatives désespérées de compenser l’échec commercial qui leur pend au nez.

 

C’est dire, tous les critiques cinéma sont consternés. Même Bruno Krass, le critique d’Europe 1, pourtant rarement virulent, n’a pas trouvé les mots pour exprimer la nullité. J’en connais un : navet. Un de plus dans un potager déjà bien garni. Turf, le dernier Fabien Ontoniente (Camping, Jet Set etc.), en ce moment dans les salles obscures, pourrait bien faire la paire avec Vive la France.

 

Et si les résultats ne sont pas encore palpables, ils sont bel et bien latents. Car la loi du cinéma est rude et un bouche-à-oreille corsé peut détruire une promo, aussi propagandiste soit-elle. Peu importe les moyens mis en œuvre ou la popularité des têtes d’affiche, un navet reste un navet. Quelques mois avant eux, le film Les Seigneurs, qui racontait l’histoire d’une équipe de foot, brochette d’humoristes français, complétait le potager. D’autres mauvaises herbes, moins attendues, comme le dernier Astérix, ont parsemé l’ensemble.

 

C’est certain, le spectateur – cinéphile ou pas – peut être terriblement exigeant. Il peut bouder un film, puis conduire à sa perte. Mais la loi du bouche-à-oreille est juste. Elle peut aussi élever un film, qui n’a pas pu bénéficier d’une promotion tapageuse, au rang de petit bijou. Le long-métrage Camille redouble en est l’incarnation. Ainsi, grâce à ces quelques tomates juteuses, le potager du cinéma français reprend de belles couleurs.

Ariane Riou

 


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