Brice Christen
Brice
Christen
Le cynisme aggravé

Sarkomédy Club

J’aime l’UMP. Quand on est chroniqueur à tendance humoristique, on peut toujours compter sur eux pour fournir du contenu. Même sans les circonvolutions de Nadine Morano, on peut compter sur un réservoir de talents indéniables. La semaine passée, la famille de droite se disputait pour savoir s’il fallait appeler à voter pour la gauche ou le front national, créant ainsi une cacophonie interne aussi ridicule que bruyante. La stratégie du « ni ni » fut adoptée, où l’on ne préfère voter ni pour l’un ni pour l’autre. Une décision qui nous rappelle celle des enfants de six ans qui, dans la cour de récré, se chamaillent à coup de « t’es pas mon copain, toi non plus, lui si » à la différence que les enfants finissent par régler leurs conflits dans le calme.

 

Car le problème est là : les députés et élus s’en amusent, mais face à cette querelle interne et grotesque, c’est un danger pour la République qui gagne des voix. Comment peut-on se prétendre au service de la République et être aussi niais en favorisant une guerre stupide d’egos politiques plutôt que de faire barrage à un parti qui ne l’est pas moins. Seul, face à ce marasme idéologique, un homme  a clairement appelé à voter à gauche : Alain Juppé. Le meilleur d’entre nous a divisé son camp pour avoir eu des convictions, excusez-le d’en avoir encore. Quand on connaît l’intelligence et l’expérience de l’homme, on se demande vraiment ce qu’il fait dans un tel parti. Alain Juppé, c’est Balzac sur NRJ12. Un talent certain mais trop mal entouré. On a tout bonnement l’impression que les membres du parti suivent les consignes de vote de celui qui s’en tirera le mieux face aux caméras sans avoir d’avis mais en suivant celui de la majorité. À force de changer d’opinions à la moindre bourrasque et de brasser autant de vent, ce n’est plus un parti politique, c’est une éolienne.

 

Et le chef dans tout ça ? Censé remobiliser ses troupes et éviter les querelles internes, Nicolas Sarkozy a préféré s’envoler à Abou Dabi, et pas pour acheter des babouches ou un narguilé, pour une conférence pas tellement bénévole. Ceci dit, ne nous voilons pas la face, comme disent les femmes là-bas. Moi aussi, plutôt que de faire campagne pour une région de France où je n’ai jamais été, je serais parti au soleil déblatérer trois pages pour cent briques. Pour justifier son absence, son entourage a allégué qu’il avait malgré tout été joignable toute la journée sur son portable. Encore heureux, une récente enquête prouvait que l’Etat paye encore jusqu’à 14.000 euros de facture de téléphone à ses anciens présidents. À ce prix-là, il a intérêt à être joignable même sur la lune.

 

Nous sommes ici en présence d’un foutage de gueule totalement ouvert de la part d’un parti qui ne respecte même plus le sens de l’humour. Dans une ère où le front national perce de façon inquiétante, l’UMP incarne tout ce qui ne va pas en politique : des querelles internes pathétiques et l’incapacité chronique de se mettre d’accord sur le moindre sujet. Cela conforte, de façon encore un peu plus évidente, le discrédit de ce parti et l’incroyable déconnexion de la réalité ainsi que la flagrante incompétence de la quasi intégralité de ses membres.

 

 


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