Jean-christophe Nef
Jean-christophe
Nef
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Rober Guédiguian : Une histoire de fou

On connaissait le cinéaste Robert Guediguian et ses chroniques marseillaises, douces-amères… On le connait aussi pour son engagement politique, ses engagements devrait-on-dire… Mais ici, dans son dernier film, ‘’Une histoire de fou’’, il s’attaque à l’Histoire, l’Histoire avec un grand H. Et plus précisément au massacre des Arméniens par les Turcs qui débuta en 1915. Il ancre d’ailleurs son récit dans la réalité puisqu’il raconte, en préambule de l’histoire principale, l’assassinat de Talaat Pacha, homme d’État ottoman qui fut le principal organisateur de ce massacre. Il fut tué à Berlin en 1921 par Soghomon Tehlirian. Mais là s’arrête la ‘’reconstitution’’ historique… Guediguian tisse alors une histoire beaucoup plus romanesque :

Aram, jeune marseillais d’origine arménienne, fait sauter à Paris la voiture de l’ambassadeur de Turquie. Un jeune cycliste qui passait là par hasard, Gilles Tessier, est gravement blessé. Aram, en fuite, rejoint l’armée de libération de l’Arménie à Beyrouth. Gilles, qui a perdu l’usage de ses jambes dans l’attentat, voit sa vie brisée. Il ne savait même pas que l’Arménie existait lorsqu’Anouch, la mère d’Aram, fait irruption dans sa chambre d’hôpital : elle vient demander pardon au nom du peuple arménien et lui avoue que c’est son propre fils qui a posé la bombe.

« Guediguian ne juge pas, mais laisse le spectateur face à une conclusion terrible… »

Pendant que Gilles cherche à comprendre à Paris, Anouch devient folle de douleur à Marseille et Aram entre en dissidence à Beyrouth… jusqu’au jour où il accepte de rencontrer sa victime pour en faire son porte-parole.

Robert Guediguian s’appuie sur cette histoire et sur l’Histoire pour se questionner lui-même sur son identité arménienne, il questionne aussi le spectateur sur des sujets qui sont revenus dans l’actualité depuis quelques jours. Et en premier lieu la question du terrorisme et de l’action clandestine. Guediguian ne juge pas, mais laisse le spectateur face à une conclusion terrible…

La première partie du film traîne un peu en longueur, mais petit à petit, on s’intéresse aux déboires de cette famille marseillaise (évidemment !). Cela est dû, en grande partie, aux deux acteurs principaux, Ariane Ascaride et Simon Abkarian, sans oublier Grégoire Leprince-Ringuet et Syrus Shidi dans les rôles de Gilles et Aram, qui donnent une profondeur et une dimension incroyables à leurs personnages.

 

 

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