Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Rien ne va plus !

Alors que Pékin sème la zizanie avec son projet de Banque asiatique en concurrençant la Banque mondiale, le soutien du Royaume Uni irrite les États-Unis en mettant à mal la « relation spéciale » qui lie historiquement les deux pays. Les Chinois prouvent qu’ils savent faire de la politique en divisant les Américains et les Européens entre eux. Alors que la CGT perd de son influence notamment dans ses bastions comme Renault, EDF, la SNCF, la RATP ou La Poste (recul aussi dans la fonction publique), chacun s’accorde à souligner la crise à la tête de ce syndicat – qui a nourri la défiance croissante – et surtout la baisse de nombre des ouvriers dans les entreprises et la montée des cols blancs, conduisant peut-être à un événement historique, celui de voir la CFGT en 2017 ravir la première place en terme de responsabilité. Alors que les médecins se sont unis contre le projet de loi santé de Marisol Touraine, les organisateurs n’hésitent pas à qualifier « d’historique » cette mobilisation commune des professionnels de santé libéraux, inédite depuis 1991, contre la généralisation du tiers payant, mouvement qui se nourrit du « malaise » ancien de la médecine libérale mais aussi de la proximité des élections professionnelles. Alors que la ville est malade de ses excès (trop de chômeurs, trop de pauvres, trop d’immigrés …) la campagne est malade de ses manques et demande qu’on use à son endroit non d’un train de mesures la mettant soudainement en scène à la veille du scrutin départemental, mais des urnes de 2020 (l’obsession numérique, l’apologie de la proximité, la considération culturelle).

« Autant d’éléments qui jouent pour le Front National »

Tous ces événements surgissant quelques jours avant le premier tour du scrutin départemental et s’ajoutant à tout ce qui contribue à la désaffection électorale des Français. Une défiance continue à l’encontre des responsables politiques en général et des gouvernements actuels en particulier, une élection – nouvelle à sa manière – dont les règles du jeu (calendrier, circonscription, mode de scrutin) ont été modifiées de fond en comble ; élection surréaliste puisque les électeurs sont invités à élire des assemblées départementales que le gouvernement et le Président  envisageaient de supprimer et dont les compétences ne seront connues qu’après le vote du second tour (!). Autant d’éléments qui jouent pour le Front National et pour les abstentionnistes, participant ainsi du phénomène du désenchantement de l’électorat vis-à-vis du politique et du score annoncé du FN contre lequel M. Valls a déclenché une guerre ouverte. D’ailleurs le destin du gouvernement de ce dernier va se jouer sur le nombre de départements que le PS sauvera. En attendant, comme l’écrit Tillinac « la politique ne doit jamais être l’esclave d’un air du temps mesuré en sondages… ».

 

 


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