Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

«Réveillez-vous !» nous lance dans son dernier ouvrage l’économiste Nicolas Baverez face aux trois crises majeures qui restent devant nous : 1) la crise du capitalisme mondialisé 2) la crise de la zone euro qui cumule la récession, le chômage de masse et une menace sur la survie de la monnaie unique 3) la crise française en passe de s’emballer avec l’effondrement de notre appareil productif et de la compétitivité de notre territoire (que le rapport Langlois mettrait à nouveau en avant sans que l’Élysée, pour le moment, ne reprenne la balle au bond). «Réveillez-vous !» d’autant plus que «la particularité française», c’est que les fléaux de la sous-compétitivité, du chômage de masse et du surendettement de l’État ne remontent pas au choc de 2008 mais à trois décennies de croissance à crédit. «Réveillez-vous !» semble lancer l’ultimatum des grands patrons dans le Journal du Dimanche (28/10/12) qui demandent d’urgence une baisse massive des charges et 60 milliards de réduction des dépenses instillant la petite phrase précédent les grands orages contestataires : «Nous sommes arrivés au bout de ce qui est supportable».

Le vœu, les doléances, voire l’exigence des PDG des 98 plus importantes sociétés françaises tiennent en cinq points : 1) baisser le coût du travail et rendre l’État plus économe 2) Intégrer les jeunes et étudier un meilleur dialogue social en amont 3) Créer un véritable écosystème 4) Lutter contre le changement climatique sans abîmer notre compétitivité 5) Renforcer notre code de gouvernance. Voilà après l’affaire des «pigeons», la société civile entrepreneuriale qui accroît la fronde, le choc avec les patrons, qui ressemble, face aux couacs du gouvernement (à une erreur de procédure parlementaire, le Chef du gouvernement – qui se veut chef d’orchestre – vient d’ajouter une faute à l’égard des institutions, annonçant, pour la première fois sous la V° République, l’annulation de la loi avant… la décision du Conseil Constitutionnel), à une forme d’insurrection médiatique institutionnelle condamnant le Chef de l’État à engager un bras de fer qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur la suite du quinquennat alors que sa baisse continue dans les sondages, porte désormais à la légitimité du Premier ministre au moment même où il aurait besoin du soutien de l’opinion publique en quête pathétique du Graal de l’emploi ! C’est dans ce climat-là, agrémenté d’articles sur les hommes du Président, les coulisses de la machine élyséenne, le terne Congrès du PS dans la ville rose où Martine Aubry veut retrouver le sillon jaurésien, la dégradation de L. Armstrong sur le front médiatique, le vrai-faux duel Copé-Fillon (pas de vainqueur, pas de vaincu) qu’un décret prochainement publié prévoit la création «d’une mission des anniversaires des deux guerres mondiales 1914-1944». Voilà, pour le moment, associées 1914 et 1944 dans un même mouvement commémoratif. Et les critiques de fuser : incompréhension face à une telle association, source de confusion pour les Français et nos partenaires étrangers, volonté de laisser respirer le centenaire de 1914 de façon autonome, possibilité de brouillage de message, risque selon l’historien Nicolas Offenstad, «de mélanger les deux guerres ou tout au moins de faire comme s’il y avait entre elles une parfaite continuité (1789-1989, le bicentenaire a été célébré sans l’associer à un autre événement). A ces critiques, certains rétorquent que de Gaulle voyait la période 1914-1944 comme «une guerre de trente ans» et en 1964 avait commémoré ensemble les deux guerres. Commune commémoration aussi en 1954 et 1984 ! Mais la grande différence est qu’il s’agit de la commémoration du Centenaire de 1914 avec six grands rendez-vous : Sarajevo (28 Juin), 14 Juillet, centenaire de l’assassinat de Jaurès, commémoration de la mobilisation générale, bataille de la Marne. A chacun sa commémoration. A tous l’espace mémoriel et émotionnel !

Stéphane Baumont


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.