Michel Montagne
Michel
Montagne
Délégué régional Mouvement associatif LRMP

Repenser l’économie avec les citoyens organisés au sein des associations 

La crise et les mutations actuelles de notre économie nous obligent à penser des alternatives au modèle de croissance actuel. L’augmentation des inégalités sociales et des désordres écologiques et l’incapacité structurelle à y faire face témoignent des limites du capitalisme financiarisé et de l’Etat social. Dans ce contexte, un changement de paradigme économique est nécessaire, porté par une ambition sans commune mesure avec les moyens mis en œuvre jusqu’à ce jour.

Le premier pas de ce changement consiste à ne plus considérer le marché comme la seule force économique guidant l’économie et à terme la société. Le recours aux seules logiques de marchés, bien que mythifiés, a fait la preuve de leur inefficacité à régler les problèmes écologiques et sociaux du XIXe siècle. Leur prédominance a conduit à l’exclusion du champ économique les initiatives citoyennes obéissant à une autre finalité que le profit, mais répondant pourtant à des besoins sociétaux fondamentaux. La liberté d’acheter a supplanté une conception plus ambitieuse de la liberté en termes de participation politique et sociale, les citoyens se muant en consommateurs.

Pour sortir de cette vision unilatérale et réductrice, il est temps de repenser l’économie pour y intégrer l’ensemble des formes de productions et de circulation de richesses (redistribution par l’État, réciprocité entre citoyens).

« Le recours aux seules logiques de marchés ont fait la preuve de leur inefficacité »

Repenser l’économie dans cette pluralité constitue donc une opportunité inédite pour affirmer, reconnaître et faire reconnaître la force économique et sociale des 129 000 associations actives dans notre région. Mobilisant plus de 1 million de bénévoles sur tous les territoires, employant 164 795 salariés, elles dégagent aujourd’hui une valeur ajoutée égale à 5% du PIB régional et constituent 86% de l’économie sociale et solidaire. Nous sommes donc à un moment historique qui doit conduire à les faire sortir de la marge et les mettre au centre afin qu’elles pèsent et s’affirment dans le débat public.

Les associations ne doivent pas être regardées comme des acteurs résiduels cantonnés à un rôle de réparation sociale, mais bien comme des acteurs socio-économiques régionaux de premier plan.

Les initiatives associatives n’émergent et ne se développent que par la participation active des citoyens. En cela, elles participent d’une forme de démocratie délibérative et participative complémentaire à la démocratie représentative.

Elles confèrent aux individus un pouvoir d’agir et fournissent un cadre à la participation citoyenne à des projets d’intérêt collectif. En cherchant à apporter des solutions aux besoins des citoyens au plus près des territoires, elles expérimentent des solutions sociales inédites.

En s’appuyant sur les citoyens, mais sans sous-estimer le rôle d’État ni exclure le marché, cette nouvelle économie plurielle conduirait l’ensemble de la société vers de nouveaux équilibres et mettrait les préoccupations sociales et écologiques au cœur des enjeux économiques.

 

 


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