Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

« Regarder plus loin que la rue Alsace Lorraine… »

Les municipales approchent. Les listes. Les coups de couteaux. Les triangulaires. Le front républicain. Sectaire ? La soirée électorale. Les huées du dépouillement. Les mains qui se serrent. Les chiffres défilent en bas de l’écran de France 2. La grande comédie. Et quel projet ? Quel projet pour ma ville ? Laisser les lumières allumées le soir ? Ajouter des caméras ? Armer les flics ? Faire une belle rue Alsace Lorraine et continuer à expulser tranquille ? Le suspense est à son comble, le PG va-t-il rejoindre le PCF dans la grande entente gauche plurielle ? Et on les écoute, nous parler d’arrangements, jamais de vision. Pas de vision pour une ville comme Toulouse. Pas de vision politique. Suivre plutôt qu’impulser. Nous sommes une grande ville, nous sommes entendus mais nous sommes silencieux. Pourquoi ne pas lancer de grandes et belles idées depuis le Capitole ? Pourquoi ne pas se dire que si nous ambitionnons de changer les choses, il est temps de les changer ici. Maintenant. Mais parlons plutôt de Toulouse Métropole, de communauté de communes, de tous ces montages administratifs qui n’intéressent que la machine administrative et qui se plaisent à rester obscurs, à rester complexes pour que le Toulousain n’ait qu’une envie : ne pas en entendre parler. Le Toulousain que je suis, a envie d’entendre des idées. Les idées n’intéressent plus. Le jeu politique est lancé, pas le temps de penser au milieu des coups, des trahisons et des serrages de mains glacés. Qui aura aujourd’hui le courage de s’arrêter, de parler, de parler de justice dans une ville qui ne s’écoute plus ? De regarder plus loin que la rue Alsace Lorraine pour voir, entendre et répondre à la désespérance des quartiers populaires, à la désespérance des mal-logés, à la désespérance d’une classe ouvrière abandonnée. Qui aura aujourd’hui le courage de s’arrêter ?

Nicolas Lafforgue (chanteur du groupe « Bruit qui court »)

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3 COMMENTAIRES SUR « Regarder plus loin que la rue Alsace Lorraine… »

  1. Romain JAMMES dit :

    Bonjour,

    Cette courte tribune est intéressante. Elle révèle un gouffre qui est dur à abattre mais qui n’est pas aussi simple qu’un monde politique qui n’aurait pas d’ambition pour la ville et ses habitants et des toulousains qui seraient esseulés avec des intérêts que personne ne prend en compte.

    Il y a des visions de la ville qui s’affrontent et qui sont très influentes sur la vie des gens. Tenez, prenez la question de la métropole. Le PS, “le centre” (je ne cache pas mon scepticisme sur cette appellation) et l’UMP ont pour objectif commun de faire de Toulouse une métropole internationale. Donc ancrée dans une concurrence entre territoires et sur l’exportation de la production.
    Les verts sont plus sceptiques, le PG carrément opposé à cette vision. Nous (oui je fais pas un mystère de mon engagement) cherchons plus à relocaliser l’économie et l’emploi, à réduire les distances et à ne pas avoir comme horizon le fait d’être le plus proche de Paris possible mais plutôt de permettre et une ébullition locale.

    Je ne m’étend pas davantage, simplement derrière les questions que tu évoques, il y a de visions de la ville très concrètes qui vont bouleverser la vie des habitants.

    Cependant, tu as raisons sur un point important, cette course au Capitole est pour l’instant bien ridicule et ressemble plus à un concours de beauté. On ne comprend pas l’attitude du PCF autrement que par une volonté de conserver des places, on ne comprend pas la cohérence des verts qui votent les budgets mais font des listes à part autrement que par opportunisme. On ne comprend pas cette fascination irrationnelle pour les caméra de surveillance qui semble toucher l’UMP comme le PS. On ne comprend pas ce que De Veyrac a de différent dans sa vision de la ville que Cohen ou Moudenc.

    J’espère qu’on arrivera à repolitiser cette élection plutôt que de la résumer à “tâter le cul des vaches” comme on dit. Mais c’est vraiment loin d’être évident y compris parce que le système médiatique reflète davantage le côté course hippique de la politique plutôt que la vraie bataille d’idée.

    J’espère n’avoir pas été trop long. Et on prend un café quand tu veux pour en parler =)

  2. Matthias De Lozzo dit :

    Si la “grande entente gauche plurielle” évoquée par l’auteur est l’alliance avec le PS, la réponse est non. Le PG a choisi l’autonomie vis-à-vis de celles et ceux qui défendent et appliquent les politiques d’austérité.

    Et puisque l’auteur attend une vision, voici la déclaration cadre de 4 orgas du FDG (dont le PG) qui souhaitent une liste contre l’austérité, pour l’égalité et l’écologie ; elle contient les premiers éléments stratégiques et propositions de fond.

    http://www.remivincent.fr/pour-une-liste-avec-le-front-de-gauche-a-toulouse-la-declaration-cadre/

    Dernier point : je suis 100% d’accord avec le titre

  3. Nico BQC dit :

    Salut, Romain, merci d’avoir pris le temps de poster un commentaire, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Matthias. Je vois que nous sommes plutôt d’accord. Malgré tout, je maintiens que l’équipe actuelle et son opposition n’ont pas d’ambition pour Toulouse. Des ambitions perso, certes, mais aucunement une volonté de changement et d’invention politique.

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