Laure Durand
Laure
Durand
Militante de gauche

Rallumer le soleil, un été qui ne passe pas

En ces temps de rentrée perturbés, dans la continuité d’un été qui ne le fut pas moins, notre ciel est soumis à des courants capricieux et des vents contraires ; des nuages noirs annonciateurs de sombres horizons s’amoncellent aussi vite qu’ils s’écartent pour laisser percer le soleil porteur de vie et d’espérance. Certes, les projections des météorologues ne laissent pas entrevoir de climat serein pour les années à venir, mais prenons ces prévisions pour ce qu’elles sont : des avertissements, soit des invites à la prise de conscience puis à l’action. Car cet «été qui ne passe pas » doit passer, à rebours de la célèbre formule de Gunther Anders sur laquelle il semble se calquer. Le philosophe allemand évoquait, dans une sorte de pessimisme post-moderne, la fin du monde, la « perte en monde », « la raison humaine n’ [étant] plus en mesure de suivre les avancées de ses propres réalisations techniques ». Dérèglement climatique avec des catastrophes majeures à venir, « jour du dépassement » atteint chaque année un peu plus tôt (à la date du 20 août 2014, la totalité des ressources renouvelables annuelles mondiales a déjà été consommée), embrasement en préparation en Ukraine, guerre en Palestine, rétablissement du califat avec l’Etat islamique entre l’Irak et la Syrie avec génocides, féminicides et déstabilisation de l’ensemble du monde arabo-musulman, répressions fascisantes en Espagne… Dans le ciel de cet été, ont résonné les ébranlements du monde, jusqu’à notre propre pays qui, toute proportions gardées par ailleurs, vient de connaître les premiers signes sérieux du vacillement politique à venir. À la violence du monde, semble donc se superposer la violence du ciel ; mais la vérité ne commande-t-elle pas plutôt de voir les interactions qu’entretiennent ces deux violences ? Au propre comme au figuré, la violence du ciel, en tant qu’horizon religieux ou écologique, impacte la violence sur terre, fruit des décisions politiques, autant qu’elle est impactée par ces mêmes choix politiques : l’intolérance religieuse nourrit l’extrémisme politique ;  la désertion sur le champ des idées du progressisme nourrit également l’extrémisme religieux, lequel permet en retour à cet horizon post-libéral donné comme indépassable de se cristalliser ; le capitalisme financiarisé que nous connaissons et avec lequel on nous dit qu’il faudrait composer, détruit l’humanité et la planète, renforçant cette perception de vacuité condamnant à l’apathie, dans un monde vide de sens, sous un ciel vide d’idéaux. Oui, aujourd’hui le ciel est vide. Vide de lumière et trop plein d’obscurité. Mais n’oublions pas notre dimension prométhéenne, celle qui fait de chacun d’entre nous le membre d’une espèce qui sait inventer le soleil. L’espèce humaine.

 

Ciel sombre

Notre ciel est donc vide et nous n’avons pas le droit de laisser les extrémistes remplir cette béance de leurs représentations mortifères : la haine des femmes ou des impurs pour les uns, la haine de l’égalité et de la justice pour les autres ; la haine de l’être humain pluriel pour tous ceux-là. Car elle est là, notre humanité, comme le rappelle avec vigueur un de nos sages, le visionnaire et ultra-moderne Edgar Morin (dont on pourrait regretter dans un sourire qu’il n’ait pas été sensibilisé à l’importance féministe de la sémantique…)

« Il nous faut lier l’homme raisonnable (sapiens) à l’homme fou (demens), l’homme producteur, l’homme technicien, l’homme constructeur, l’homme anxieux, l’homme jouisseur, l’homme extatique, l’homme chantant et dansant, l’homme instable, l’homme subjectif, l’homme imaginaire, l’homme mythologique, l’homme critique, l’homme névrotique, l’homme érotique, l’homme lubrique, l’homme destructeur, l’homme conscient, l’homme inconscient, l’homme magique, l’homme rationnel, en un visage à multiples faces où l’hominien se transforme définitivement en homme. »

C’est cette complexité que l’être humain doit défendre et revendiquer pour réinvestir le monde et le penser. En tous cas, l’être humain qui se dit ou se ressent « de gauche » à la manière de Gilles Deleuze :

« Etre de gauche, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi ; être de droite c’est l’inverse »

N’évoquons pas, cette fois du moins, cette droite dont nous ne pouvons attendre que si peu de choses. En revanche, pour penser le monde, la « gauche », doit s’ouvrir à un horizon qui soit le plus large possible, englober jusqu’à ce ciel qu’elle a déserté. Et dans ce ciel, n’en déplaise à notre nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, la « gauche » n’est pas une « étoile », « morte » ou pas, la gauche devrait être un soleil.

 

Un soleil éteint… depuis longtemps

L’éclipse de 1979

Dans ces lectures de vacances que l’on emporte parfois au hasard dans ses bagages, il arrive (souvent) qu’elles ne se révèlent pas aussi fortuites que cela. Une vague intuition d’une forte résonance à venir, c’est ce qui s’est avéré cet été, avec le roman admirable d’Amin Maalouf, « Les désorientés ». Depuis son Liban natal, l’écrivain nous permet de comprendre et de ressentir de l’intérieur – et de l’extérieur-, la complexité dialectique des embrasements du Proche-Orient redevenus cet été comme on le sait, d’une actualité brûlante. Au-delà de ce sujet, et parmi bien d’autres, Amin Maalouf interroge aussi la notion de révolution. Quand le soleil a-t-il cessé de briller ? Quand l’idée révolutionnaire progressiste, de « gauche », dont le moteur pourrait se résumer au désir que nos enfants vivent mieux que nous, a-t-elle disparu ? Ou plus précisément, quand les progressistes s’en sont-ils trouvés dépossédés ? Il s’agit bien évidemment de la fin des années 70 avec un mouvement conservateur aux multiples visages. Amin Maalouf synthétise ce basculement à travers la thèse de « l’année de l’inversion » qu’il situe « entre l’été soixante-dix-huit et le printemps soixante-dix-neuf » :

« L’Iran connaît cette année-là une “révolution islamique”, socialement conservatrice. En Occident commence une autre “révolution conservatrice”, conduite en Angleterre par Margaret Thatcher et que prolongera Ronald Reagan aux Etats-Unis. En Chine, Deng Xiaoping entame cette année-là une nouvelle révolution chinoise, qui s’écarte du socialisme et aboutit à un décollage économique. À Rome, un nouveau pape est élu, Jean-Paul II, qui se révèlera, lui aussi, à sa manière, aussi révolutionnaire que conservateur… […] Un bouleversement s’est produit, qui a durablement affecté les mentalités. La droite est devenue conquérante, et la gauche ne s’est plus préoccupée que de préserver les acquis. »

Plus de trente ans plus tard, où en sommes-nous ? Où en est l’idée révolutionnaire ? Où en est la gauche ? La « gauche » revêt-elle une quelconque signification pour le peuple ? Et si ce n’est pas le cas, doit-on accepter que toute révolution ne puisse plus être que « conservatrice », dans le sens économique et social ? Quand le ministre de l’économie d’un gouvernement supposé de « gauche » entend séparer le bon grain de l’ivraie en qualifiant une « gauche classique » d’  « étoile morte », fait-il autre chose qu’enterrer une bonne fois pour toutes l’idée même de la « gauche » ? Reprenant ce faisant le linceul patiemment tissé par tous les dirigeants de « gauche » de ces trente dernières années, avec les fils invisibles d’une lutte des classes qui n’existerait plus… Car, au juste, qui est-elle cette « gauche classique », si ce n’est la gauche de transformation sociale et non la « gauche » de bonne gestion libérale avec ses (ridicules) amortisseurs sociaux ? Si la « gauche classique » n’existe plus, si la « lutte des classes n’existe plus », alors, le peuple n’existe plus.

Voilà ce que ce dernier entend.

Non, « la gauche classique » n’est pas une « étoile morte » mais oui, cette catégorie, « la gauche », n’est plus pertinente ; elle ne « dit » plus rien du monde dans lequel nous vivons, elle ne « dit » plus rien, aux deux sens du terme, au peuple, à ces fameux « 99% » qui devraient y voir un horizon dégagé dans lequel luit le soleil de l’espérance. La gauche n’est plus un concept opérant car celles et ceux qui ont eu le privilège de l’incarner l’ont dévitalisée et ont substitué à l’oligarchie de robe et d’épée de l’Ancien Régime, la ploutocratie, gouvernement de l’argent, soit une oligarchie autrement plus pernicieuse qui aliène la classe moyenne par la terreur du déclassement et l’illusion de la participation et autre intéressement.

 

83 dès 77

La gauche française n’échappe pas au mouvement ; elle a une grande responsabilité dans cette dépossession de l’idée révolutionnaire progressiste. 83 était là dès 77. Jean-Pierre Chevènement a rappelé cela à juste titre il y a quelques jours : « l’action de la gauche a participé au désarroi français » depuis trente ans ; cela fait bien longtemps qu’aucune gauche de gouvernement ne croit plus en la transformation sociale via l’action politique. Et en cela, les dirigeants et cadres issus des rangs socialistes ont raison de brandir l’acte de paternité mitterrandien qui fait bien d’eux les (piètres) filles et fils de celui qui disait déjà en 1979 :

« Je ne crois pas qu’à notre époque, malheureusement, la France puisse faire autre chose que de passer à travers les gouttes »

Certes, l’économie est mondialisée, certes, les destins de tous les pays sont liés.

Mais « passer entre les gouttes », c’est refuser d’essayer d’arrêter la pluie. Faut-il rappeler que cette pluie n’est pas déclenchée par les Dieux fussent-ils de l’Olympe –paix à la Grèce- mais par des hommes et des femmes ? D’autre part, si les 30 Glorieuses nous ont permis de « passer entre les gouttes », égoïstement, sans égard ou plutôt grâce aux pays sur lesquels s’abattaient déjà cette pluie d’acide déshumanisante qu’on appelle exploitation, aujourd’hui, ce n’est plus le cas : aucun Etat ne pourra continuer durablement de « passer entre les gouttes ». Et surtout pas la France, qui, si elle n’est rien sans l’Europe est encore moins de chose dans l’Union Européenne actuelle.

 

Quelle étoile morte ?

Faut-il laisser Warren Buffet avoir raison lorsque le milliardaire reconnaît, lui, que si la lutte des classes a existé, c‘est bien la classe des capitalistes qui l’a gagnée ? Il n’est pas question de grand soir, simplement de ne pas accepter que meure le politique c’est à dire la conscience et la volonté de contrer les jeux de domination mortifères à l’œuvre, jeux indignes d’une civilisation avancée qui prend soin de son lointain autant que de son proche ou de son prochain, qui prend soin de son futur autant qu’elle honore les luttes du passé pour un présent moins barbare. Et c’est bien ce que le peuple français avait compris lors de l’élection de François Hollande. Pas le grand soir mais reprendre en main la politique ou constater son acte de décès. Car chasser Nicolas Sarkozy, c’était avant toute chose, chasser le laquais de la finance folle. C’est pour la justice sociale, et donc contre l’infamie d’une économie irrationnelle contre laquelle on ne pourrait rien, qu’une majorité d’électrices et d’électeurs s’est déplacée dans les urnes et a glissé le bulletin Hollande, en espérant très fort, sans y croire autant, que le volontarisme du Bourget ne resterait pas pur lyrisme. Bien-sûr, avec le recul, nombreux sont ceux qui disent n’avoir jamais cru en la sincérité du Bourget : une gauche enfin assumée qui allait s’attaquer à bras le corps à la finance folle qui, nous disait-on, n’avait pas de « visage » mais gouvernait. Ces mêmes ricanent aujourd’hui, et comment ne pas ricaner avec eux, en scrutant tous les jours cette finance qui gouverne toujours, mais institutionnellement désormais, à visage découvert, ointe par le sacrement présidentiel : Laurence Boone ici, Emmanuel Macron là, Pierre Gattaz un peu partout ! Évidemment, on argue d’une politique qui ne serait pas une politique d’austérité. Il n’y aurait qu’à regarder nos voisins grecs, espagnols ou portugais pour s’en convaincre. Hé bien ! Regardons-les, ces nations sœurs ! Regardons bien où elles en sont . Contrairement aux promesses de campagne, le gouvernement de François Hollande a ratifié le TSCG sans aucune négociation, notamment celle qui aurait permis de sortir la dette des Etats des griffes du marché. Dans la suite logique, pas une seconde n’a été perdue dans l’application de toutes les mesures imposées par ce même TSCG .

Évidemment, ce n’est pas pour cette politique que les militantes et les militants socialistes ont fait campagne et surtout, ce n’est pas pour cette politique que les Françaises et les Français ont élu François Hollande.  Et ils ont raison, comme le leur signifie un ensemble de plus en plus nombreux d’éminents intellectuels et experts : économistes, politiques, sociologues, historiens, géographes, jusqu’à un prix Nobel d’économie qui les enjoint de ne pas céder :

« L’hypocondrie de la France l’amène à accepter des remèdes de charlatan, devenant la véritable cause de sa détresse ».

Par cette métaphore médicale qui n’est pas sans rappeler les saignées obscurantistes des siècles passés, qui tuaient les malades au lieu de les soigner, Paul Krugman ne peut pas être plus clair.

Et de la clarté, il en faut dans le camp progressiste de celles et ceux qui construiront la France de demain, n’en déplaise aux roquets libéraux qui pensent encore pouvoir les discréditer par la vieille antienne des Modernes face aux Anciens. Car l’enjeu ne se situe même plus là. Blairisme ou barbarie ? Au-delà du cynisme des pyromanes, c’est vraiment ne rien comprendre de ce qui se passe que poser le débat en ces termes. A la Rochelle, qu’on devrait plutôt appeler le rocher, auquel s’accrochent tant de crabes, d’huîtres et de bulots, on a sans doute oublié de méditer ce même Jaurès que l’on encense partout comme pour mieux le piétiner ;

Dissertant en son temps avec Péguy (on a les interlocuteurs que l’on mérite), voici ce que Jaurès disait :

 «Ces hommes, foule innombrable de fantômes solitaires et tristes ; je ne leur voyais pas de chaînes aux mains et aux pieds, et je me disais : comment ces individus souffrants et dépouillés acceptent-ils l’inégale répartition des biens et des maux ? Je ne voyais pas bien ; la chaîne est au cœur, le système social a façonné ces hommes, il est en eux, il est, en quelque façon, devenu leur substance même, et ils ne se révoltent pas contre la réalité, parce qu’ils se confondent avec elle. »

Cela est vrai des dominés mais également… des dominants. Qu’espérer des dirigeants actuels qui mettent en place cette 3ème voie si libérale et si peu sociale puisqu’ils se confondent avec cette réalité que nous devrions combattre ? Qu’attendre des cadres socialistes qui applaudissent ce langage dévoyé, cette pensée unidimensionnelle, cette absence d’alternative qui n’est pas autre chose que la fin de la chose publique ?

Ces personnes nourrissent la crise de régime autant qu’elles en sont les produits.

L’ « incapacité » politique du gouvernement actuel (« il n’y a pas d’alternative »), est en quelque sorte une aporie politique (ceux qui nient le réel ne peuvent évidemment pas agir sur lui).

Exposée et admise, elle a au moins le mérite de mettre la République et ses institutions à nu.

 

Un régime inutile

Remise en cause des partis

Selon les Françaises et les Français, les partis politiques ne sont plus utiles. Et pour cause, ils ne forment plus à comprendre le réel, car ils l’ont majoritairement déserté, ne se déployant dans l’arène que lors des phases de conquête de pouvoir. Un récent sondage réalisé fin août pour Le Monde met en avant que les partis ne sont « pas capables de se réformer », ne sont « pas adaptés à la situation actuelle du pays et ne sont « pas proches des réalités quotidiennes des Français ».

Là encore, la crise partidaire ne peut profiter, dans un horizon de court terme, qu’aux extrêmes ravis de s’y engouffrer. Dans une interview donnée au Figaro le 30 août, Marine Le Pen dévoile les prochaines étapes du FN, qui évoquent à quiconque connait un peu l’histoire, la stratégie d’un autre parti extrémiste d’outre-rhin dans les années vingt : « pénétrer au plus près de la société civile » en multipliant « les collectifs pour [l’] attirer dans [la] dynamique [du Front National]. »

Au-delà, et par l’abstention massive, notamment lors des Européennes, les Françaises et les Français réinterrogent jusqu’à la pertinence/existence du pouvoir politique.

 

Remise en cause du pouvoir politique et de la démocratie

Les Françaises et les Français abstentionnistes ne disent-ils pas finalement, de façon radicale, brutale, leur refus de ce langage fonctionnel décrit par Marcuse il y a plusieurs décennies dans une analyse qui reste incroyablement actuelle ?

« Puisqu’on peut mettre en cause le programme de bien-être d’un capitalisme organisé en le taxant de « socialisme », puisque les principes de la démocratie sont tranquillement annulés par la démocratie même, c’est que les vieux concepts historiques sont mis en échec par des redéfinitions opérationnelles mises au goût du jour. Ces redéfinitions sont des falsifications des concepts qui ont été imposées par les pouvoirs existants et par la force des faits établis ; grâce à elle, le faux devient vrai » 

La remise en cause de la démocratie se fait quand le réel est travesti par ceux-là même qui ont mandat clair pour le transformer.

Et comme on le sait depuis Platon, une démocratie abîmée donne toujours naissance à une tyrannie. Tyrannie des marchés, tyrannie fondée sur la haine de l’étranger, sur la haine de la culture, sur la haine des femmes…

A l’heure où Marine Le Pen se présente comme le « capitaine prêt à affronter la tempête », il est plus qu’urgent de constituer un arc progressiste pour un gouvernement de salut public tout en changeant nos institutions.

 

Remise en cause des institutions de la Vème République

Le régime semi-présidentiel, renforcé depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier dont émane une assemblée législative aux ordres, incapable d’exercer correctement son pouvoir législatif, est aujourd’hui poussé dans ses ultimes retranchements : la crise politique dont nous n’avons vu que les prémices avec ce remaniement déguisé, est inéluctable. Le jeu des contre-pouvoirs sagement théorisé par Montesquieu (séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) ne peut plus se faire correctement, coupant de fait et irrémédiablement les élus du Peuple.

L’heure est donc à un changement de régime, vital pour notre démocratie. Pour cela, et puisque les révolutions se font désormais à la maison, il est temps de prendre le souffle à nouveau. Autrement. En se réappropriant l’idée révolutionnaire version XXIème siècle. Ce qui n’interdit pas de remettre au goût du jour certaines idées du passé, lorsqu’elles sont bonnes, comme la convocation d’une assemblée constituante.

 

Prendre le souffle à nouveau

Une bonne remise en forme…

Tout est à écrire pour réussir cette VIème République, et nous aurons l’occasion d’y revenir, mais les forces progressistes de l’arc de gauche en constitution présentent déjà des idées qui circulent partout, portées ici par des courants socialistes, là par les infatigables militantes et militants du Parti de Gauche, idées dont le peuple devra s’emparer pour réflexion .

… Pour un intense travail de fond

Comme l’a récemment rappelé Cécile Duflot, avec un éthos de responsabilité qui l’honore, les questions qui doivent guider l’action politique à venir sont plus nombreuses encore :

« Comment mettre la transition énergétique au cœur de notre politique économique, comment produire et consommer autrement, comment empêcher la marchandisation de nos existences et la destruction des liens sociaux ? » 

Comment étendre idéologiquement et pérenniser le système des Biens communs (déconstruction de la notion de propriété privée, redéfinition de ce que sont des ressources de première nécessité, mise en partage gratuit de celles-ci comme l’eau, la culture, l’information, le savoir…) ?

Comment faire de l’économie circulaire et de l’économie sociale et solidaire des modèles économiques prépondérants ?

Comment repenser notre rapport à la richesse, à la pauvreté, à l’impôt, au temps, au travail, à la solidarité intergénérationnelle, à la dignité humaine ?

 

En résumé : comment penser et faire advenir rapidement le monde de demain, celui de la civilisation de l’empathie dont parle Jeremy Rifkin et dont les contours apparaissent déjà, de la Place Taksim à Gaza en passant par Rio, Wall Street ou Madrid, scintillant comme autant de trouées lumineuses à travers les nuages ?

 

***

Toutes ces questions doivent s’écrire sur une partition progressiste qui substitue à la vieille opposition dévoyée « gauche/droite » un arc de gauche farouchement anti-libéral et anti-oligarchique déterminé à inventer une nouvelle musique pleine de vie et de sens.

Mais avant de rallumer le soleil et de chanter à tue-tête, il est temps, pour les progressistes, de prendre le souffle à nouveau.

Beau temps, non, pour se jeter à l’eau ?

 

 

 

 

 

 


UN COMMENTAIRE SUR Rallumer le soleil, un été qui ne passe pas

  1. Guiderdoni dit :

    Analyse très complète d’une militante politique qui veut y croire : Été pourri certes mais le soleil devra réapparaitre avec la “chaleur” des idées partagées par un grand nombre de concitoyens et d’européens. Le souffle des idées doit souffler sur la Gauche…

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