Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Quelle droite, quelle gauche ?

Au-delà de l’immédiateté d’une actualité marquée par le destin supposé de l’actuelle « Première dame » (ni mariée, ni constitutionnalisée au repos au Pavillon de la Lanterne ; par ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Gayet » dont 77% des Français considèrent qu’il s’agit d’un épisode de la vie privée sans les empêcher de s’en régaler jusqu’à la moindre des miettes croustillantes comme un feuilleton-vrai ou un nouveau roman élyséen ; non l’affaire ne les regarde pas mais… ils ne regardent qu’elle), faut-il en déduire comme Bernard Haris que « l’entrée des sentiments en politique est un nouveau signe de dégradation, et de la politique et de la presse » ; faut-il affirmer avec le chercheur Christian Salmon que « l’exhibition de la personne se substitue à l’incarnation de la fonctionne présidentielle qui a perdu sa dimension sacrée pour revêtir une portée sacrificielle », comme si nous assistions à une « crise de la condition politique qui détruit peu à peu l’attention, la délibération, la crédibilité de la parole publique qui sont le sel de la démocratie », à tel point que Philippe Sollers pourrait avoir raison d’avoir déclaré : « il y a quelque chose de moisi au royaume de France » et que le philosophe Marcel Gauchet n’hésite pas à s’interroger en se demandant dans l’hebdomadaire Le Point du 16 Janvier si la politique en France ne serait pas « une droite d’imbéciles face à une gauche d’idiots ». Et d’argumenter autour de ce titre qui bouscule quelque peu : il y a brouillage de nos clivages fondateurs même s’ils demeurent très forts à l’état affectif, symbolique, sémiotique même ; il y a deux « marqueurs principaux de l’appartenance politique » : l’attitude par rapport aux immigrés et à l’immigration, le maniement du thème de l’inégalité ; « l’opposition entre la droite et la gauche était doctrinale, elle est devenue identitaire » ; désormais, « la politique est passive et non plus projective, on a donc affaire à deux familles politiques qui ont subi un changement total d’identité qu’elles peuvent d’autant moins penser qu’il se déroule dans un cadre qu’elles ne maîtrisent pas » ; «sur l’Europe, droite et gauche n’ont rien à dire et le seul discours qui se fasse l’écho des préoccupations des citoyens est celui de Marine Le Pen ». Voilà un des nouveaux défis que le désormais « social-démocrate » Président Hollande doit relever avec la reconfiguration de la géographie et de l’histoire territoriales alors même que les Français comme leurs élus locaux ont leur propre et authentique vécu de leur géographie personnelle de la France ; avec le « fameux » pacte de responsabilité dont patrons comme politiques attendent une dynamique et des créations d’emploi considérant – comme le PDG de l’Oréal Jean-Paul Agon – que « c’est un grand progrès pour la France de devenir pragmatique et réaliste… l’Etat français est en train d’apprendre pour la première fois depuis l’après-guerre que ce qui est simple, marche mieux que ce qui est compliqué ». Au Président de réussir cette nouvelle étape, de re-sacraliser la fonction en évitant qu’il ne ressemble trop à un personnage de série télé !

 

Stéphane Baumont


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