Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Quel droit au travail ?

Rejeté par débat constitutionnel de 1848 en France mais inscrit un siècle plus tard dans la déclaration des Nations Unies, affirmons d’emblée que le “droit au travail” est une forme d’esclavagisme. Ceux qui réclament ce droit sont les mêmes qui clament que le travail aliène. En accordant un “droit au travail”, pourquoi ne pas attribuer un “droit au travail”? Mais comme être paresseux est une liberté, être travailleur l’est aussi. Concevons que la différence juridique qui oppose l’être du Droit naturel et l’avoir du Droit positif ne soit pas évidente.

Le ‘’droit au travail’’ fait partie de ces lubies idéologiques présentées comme « avancées sociales » qui emportent les êtres humains dans la déraison collective. Obtenir autoritairement un « droit à quelque chose » est du domaine de la servitude : il ne dépend pas de la volonté de l’homme mais est soumis à une autorité qui oblige celui qui reçoit et celui qui se fait dépouiller.

Dans le cas du “droit au travail”, cela signifie que si vous n’avez pas de travail, une autorité doit vous en fournir un. Quelle autorité ? Evidemment, l’unique réponse est l’Etat. Et si l’Etat fournit du travail à certains, il doit être en mesure d’en fournir à tous, puisqu’au nom du “droit au travail”, chacun y a droit. Ce mode de fonctionnement sociétal a une logique fatale : c’est le communisme.

« Accepter un “droit au travail”, c’est abandonner son libre-arbitre »

Accepter un “droit au travail”, c’est abandonner son libre-arbitre. Cela confine à rester l’oisillon qui attend la becquée pour vivre de l’effort de ses parents. Le sentiment se substitue au Droit. Car un tel “droit au travail” s’exerce au détriment et/ou sans consentement d’autrui. Tout travail accordé par l’Etat ne peut être rémunéré que par l’Etat dont les ressources proviennent exclusivement du butin fiscal obtenu par la force sur le travail libre.

Un travailleur libre accepte de se confronter au marché : il est producteur de son travail, soit par indépendance soit par engagement mutuel avec un employeur. Il n’attend rien de l’Etat si ce n’est de vivre en paix. Il comprend que son travail est utile et rend service à ceux qui acceptent de payer librement le prix de sa production. Le travailleur libre est donc en droit d’attendre la réciproque du pouvoir.

Dans les démocraties actuelles, les politiciens sont loin d’accepter que le contrat-citoyen soit légitimé par consentement de chacun avec des institutions adaptées. Nos ancêtres avaient compris que le “droit au travail” asservirait les individus : l’expérience démontre que la liberté est fragile.

 

 

 

[AS1]


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.