Philippe David
Philippe
David
L'esprit libre

Principe de précaution…

Les propos alarmistes de certaines personnes concernant la possibilité pour les homosexuels  de donner à nouveau leur sang, et encore à la condition de ne pas avoir eu de rapports sexuels pendant un an, laissent pantois.

Tout d’abord, comme donneur de sang régulier, il faut répondre chaque fois à un long questionnaire, puis ‘’subir’’ un entretien avec un médecin qui pose toutes sortes de questions. Ensuite, les produits sanguins sont testés à chaque fois.

À la question : « Avez-vous eu des rapports homosexuels ? », n’importe quel quidam peut mentir, l’homosexualité n’étant pas inscrite sur le visage des donneurs et aucun test ADN valable concernant l’homosexualité n’étant à ce jour disponible. Ainsi, l’interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang n’était qu’une interdiction de façade, puisque consistant en une simple ‘’déclaration sur l’honneur’’…

Alors, pourquoi exclure des homosexuels fidèles et séronégatifs, alors qu’aucune interdiction ne serait faite aux hétérosexuels multi-partenaires ne prenant aucune précaution lors de leurs rapports sexuels ?

« Plus homophobes que scientifiques ? »

Pour mémoire, tout don de sang subit les tests suivants avant d’être jugé comme « réinjectable » :

• Dépistage du virus du SIDA (test anticorps et détection du génome viral).

• Dépistage du virus de l’hépatite B (test antigène HBs et test anticorps anti-HBc).

• Dépistage du virus de l’hépatite C (test anticorps et détection du génome viral).

• Dépistage des virus HTLV-I /II (test anticorps).

• Dépistage de la syphilis.

• Dépistage de l’agent du paludisme.

• Dépistage de l’agent de la maladie de Chagas

Enfin le ‘’facteur VIII’’, coupable de la transmission du VIH aux hémophiles dans les années 80, n’est plus chauffé, sa sécurisation étant assurée depuis 26 ans (excusez du peu) par un double traitement par solvant (Tri-n-buthyl phosphate 0.3 %) et détergent (chlorate de sodium 0.2 %) plus efficace que l’ancienne technique. Cette sécurité a été améliorée depuis l’apparition de doutes concernant le lien entre l’ESB (Encéphalopathie spongiforme bovine, dite maladie de la vache folle) et la maladie de Creutzfeldt-Jakob, puisque le facteur VIII livré en France subit, en plus du traitement chimique, un double filtrage anti-prion (agent pathogène de la MCJ) à 35 nm puis 15 nm. Sachant que le VIH mesure de 80 à 120 nm, il n’a donc aucune chance d’arriver à passer ce double filtrage (sauf à affirmer qu’on peut faire entrer un Airbus A380 dans une boîte de conserve…).

Les propos alarmistes de certains ne seraient-ils pas plus homophobes que scientifiques ?

 

 

 


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