Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Première mi-temps deuxième mi-temps troisième tour

 

Les départementales sont terminées. Ouf. Enfin surtout pour la gauche. Les résultats sont un cinglant revers pour le pouvoir en place. Certes Manuel Vals s’est impliqué, certes le FN n’a obtenu aucun département. Mais il ne serait pas correct de s’arrêter à ces résultats bruts. En France, le FN, malgré des candidats aux écrits parfois explicitement hors limites et non sanctionnés par le parti hôte, a réussi son implantation locale. Le scrutin majoritaire, et un front républicain même light, puisque non souhaité par l’UMP, ont fait le reste. Les gagnants du scrutin sont donc l’alliance du centre et de la droite…. sauf en Haute – Garonne. Le conseil départemental sera ici à majorité PS-PRG. Et ce en proportion plus importante que lors de la dernière mandature du conseil général. Quitte à avoir gagné par endroits de 14 voix, score exceptionnel, l’alliance PS-PRG a qualifié tous ses candidats sauf sur trois cantons toulousains. On le sait bien, le jeu virevoltant fait d’évitement des Toulousains est souvent déroutant. “Jeu de mains,jeu de Toulousains”, il n’y a pas que sur le pré que cela se vérifie. Dans les urnes aussi. En 2014, un cadrage débordement de Jean-Luc Moudenc avait scotché sur sa ligne Pierre Cohen, consacrant le nouveau maire de la ville rose : plus grosse prise UMP des municipales. Un an plus tard, la seconde mi-temps est favorable au PS-PRG malgré une implication intense du maire dans la campagne et un vent politique contraire. Après un ruck d’entre deux tours qui fut homérique. Phase de jeu politique durant laquelle la fourchette “politique” ( cf le Tweet de Jean Jacques Bolzan « Coucou Staline » ) était d’usage. Bref à Toulouse,l’UMP et le centre ont été défaits.

« Le renouvellement nécessaire »

Que tirer de cette joute électorale? Comment se projeter? Plus que jamais la montée régulière et l’enracinement de l’extrême droite ne sont plus un cauchemar mais la stricte réalité. Même en Haute-Garonne. Il faut s’adresser à toute la population avec des éléments concrets, pour la vie quotidienne. La politique est plus que jamais technique. Face aux arguments simplistes voire tronqués des extrêmes, il faut revenir “aux fondamentaux” : le terrain. Et le coaching pour être efficace, doit se faire en amont : les élections régionales arrivent très vite, rien ne serait pire qu’une guerre “sororicide” pour la tête de liste à gauche entre Sylvia Pinel et Carole Delga. La locution “l’union fait la force” ne doit pas être négligée. Au niveau départemental, de nouvelles têtes élues, jeunes, apparaissent en même temps que Pierre Izard se retire. Le renouvellement nécessaire à la bonne respiration d’une si belle institution a eu lieu. Au niveau purement toulousain, la question de la distorsion des résultats à un an d’intervalle interpelle. En mars 2014 qui a réellement perdu? Et par ricochet, qui en mars 2015 est aussi grand perdant? Comme quoi, l’incarnation de la fonction et l’équipe qui entoure peuvent faire basculer une élection quelle que soit la couleur du maillot. Pour finir sur une métaphore ovalistique, comment ne pas voir dans le scénario du match Stade Toulousain/Toulon du 28 mars dernier, un parallèle avec le scénario de ces élections haut-garonnaises? Deux tours, deux mi-temps aux contours radicalement différents.


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