Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Pourquoi n’y a-t-il pas de goûter dans les écoles ?

Une question me hante depuis une semaine : pourquoi n’y a-t-il pas de goûter dans les écoles ? Certains verront dans cette interrogation une réminiscence des traumatismes enfantins, d’autres s’arrêteront de lire à ce moment précis, en se disant qu’il y a des sujets plus importants, comme le « matraquage fiscal ». Et force est de reconnaître que la seule explication que j’ai trouvée à cette absence de collation est pécuniaire : le lait au chocolat coûte trop cher et impliquerait une hausse des impôts locaux… Aujourd’hui, chaque hausse d’impôt est vécue comme une injustice. Cependant l’impôt juste, tout comme l’opération médicale indolore, n’existe pas, cette idée tenant davantage du vœu pieu que de sa réalisation pratique. En revanche, l’impôt injuste semble exister et semble être partout. De l’équitaxe à l’écotaxe, la volonté d’accroître l’injustice fiscale est selon certains une véritable ligne directrice pour tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 30 ans. Et il ne se passe pas une journée sans que des politiques proclament l’existence d’un « ras le bol fiscal », d’un retour en « 1788 », ou prédisent que les bonnets rouges seront l’avant-garde d’une révolution à venir. Le consentement à l’impôt est devenu la contestation de l’impôt. Cette opposition se focalise autour d’un certain nombre d’arguments. Premièrement, l’équilibre entre les variations des dépenses et des recettes. Si cette position est politiquement porteuse, elle est logiquement insatisfaisante : les impôts finançant les services publics, si la demande augmente pourquoi donc diminuer ses moyens ? Quelqu’un serait-il volontaire pour renoncer aux urgences, à l’école gratuite ou aux aides sociales pour équilibrer les comptes ? Deuxièmement, s’il n’y a pas de goûter c’est qu’il n’y a pas d’argent pour les financer, car il existerait un ensemble hétéroclite de personnes (fonctionnaires, étrangers, chômeurs) qui abuseraient du système au lieu d’en user. Même si, n’ayant pas réussi à trouver de point commun entre Zlatan et Leonarda, il faut me rendre à l’évidence : ces catégories ne sont que des fantasmes de politiciens démagogiques. Finalement, la question du goûter n’était pas si anecdotique que ça. En effet avec les impôts, comme Alice, on se retrouve des deux côtés du miroir : en tant que payeur, on en paye trop — en tant qu’usager des services publics, on trouve que ces derniers se dégradent ou qu’ils ne sont pas adaptés. Et ayant (un peu) râlé devant ma feuille d’impôt, je me dois de faire des excuses aux petits Toulousains : s’il n’y a pas de goûter, c’est que je n’ai pas voulu le payer !

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101 fm)

@msztulman

 


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