Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Polémistes ou hommes politiques ?

Il est des semaines où les événements viennent s’imposer au citoyen-consommateur d’informations. Il y a tout d’abord la tournée du Pape François aux Amériques et à l’ONU, qui apparaît comme “le premier progressiste” de la planète rappelant l’impératif de la justice sociale et de la révolution écologique, appelant à rejeter « l’économie du déchet » et à ne plus se contenter des « déclarations à effet tranquillisant sur les consciences ». Il y a aussi le bilan globalement positif pour l’ONU qui met le cap sur 2030 : 17 objectifs de développement durable devraient permettre de construire le futur des 8,5 milliards d’habitants attendus sur la planète dans 15 ans. Pour le Pape comme pour l’ONU, conjonction et concordance des vœux qui déplacent dans un sens historique le curseur des défis à relever, il s’agit de « mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030 » et « de transformer les vies tout en préservant la planète ». Voilà le contexte dans lequel le reste de l’actualité vient s’inscrire avec le nouveau visage du paysage politique français résumé dans cette simple question : « Les polémistes vont-ils prendre la place des hommes politiques ? »

«L‘anti politiquement correct est devenu la norme »

Plusieurs éléments confortent la pertinence de la question : 1/ L’hebdomadaire “Valeurs actuelles” a fait réaliser un sondage sur une candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle où 12% des Français seraient prêts à voter pour Zemmour, 2/ Houellebecq, Finkielkraut et Onfray que Philippe Guibert pousse à se présenter à la Présidentielle en affirmant que « la défiance est devenue telle que beaucoup de français estiment désormais que les professionnels de la politique ne sont plus les mieux à même de gouverner », 3/ « De nos jours il n’y a plus personne dans le camp d’en face et qu’en France le pessimisme repose sur le déclinisme »  selon l’historien Sudir Hazareesingh ajoutant que, 4/ A droite comme à gauche, la “bien-pensance” n’est plus le discours dominant et nous assistons, comme le souligne Nicolas Truong, « à un retournement idéologique, l’anti politiquement correct est devenu la norme, la subversion est passée du côté de la conservation. », 5/ L’inépuisable (…) Régis Debray précise que « pour la première fois il n’y a plus d’après. Ni au ciel ni sur terre » et s’interroge utilement : « Et si c’était la fin d’un cycle ouvert chez nous par la Révolution et qui mettrait une vision du monde au cœur des luttes pour le pouvoir et non l’autodéfense d’une province, d’une dynastie, d’un groupe d’intérêts ou d’un taux de croissance ? ». Il est décidément temps de partir à la recherche du “politique perdu”.


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