Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Plein les bottes !

C’est en résumé ce que les agriculteurs affirment pour dire « stop aux aides de l’État » et en revendiquant leur droit naturel de « vivre libre des fruits de leur travail ».

Certes, on ne peut cautionner la violence qui s’exprime. Mais comment ne pas comprendre la situation de légitime défense de celui qui se trouve poussé à bout par une violence subie au quotidien ? Car oui, l’Etat est violent avec les producteurs de la terre comme il l’est avec les commerçants et les indépendants. L’État, si tant est que nous puissions lui reconnaitre une personne ou une autorité morale, ne veut pas voir que son fonctionnement actuel a inversé le système de valeurs du droit. L’État ne se met pas au service des citoyens, les citoyens sont serviles à l’État.

Constatons que cet État est devenu tellement impotent, que plus grand monde ne voit le jeu de dupes de la solidarité mis place sur plusieurs décennies. En vérité, ce ne sont pas ceux qui produisent la richesse qui ont besoin de l’État, mais bien ceux qui vivent de revenus ou subsides de l’État qui ont besoin d’asservir les producteurs de richesse.

« Le droit naturel de  “vivre libre des fruits de leur travail” »

L’agriculteur a compris que les prélèvements obligatoires (charges sociales et fiscales) l’insécurisent et augmentent de manière exagérée les prix de production. Industriels et intermédiaires subissent aussi ces prélèvements obligatoires qui surenchérissent tout prix final. Évitons de penser que ce sont les grandes surfaces les tyrans des producteurs.

Même le consommateur devine que les coûts de production sont surtout élevés en raison des coûts improductifs, c’est-à-dire des charges sociales et fiscales. Ce fameux système solidaire n’est pas un transfert des riches vers les pauvres, mais une machine à broyer les individus qui produisent pour alimenter injustement ceux qui l’administrent.

L’agriculteur a découvert que lorsqu’il gagne 100 euros, il paye 60 euros de charges. Avec les 40 euros restants, il doit payer emprunts et charges d’activité et ensuite survivre. Pendant ce temps, des politiciens ou hauts fonctionnaires lui donnent des leçons de morale en vivant grassement des fruits de son travail. Il sait qu’il ne reverra jamais la couleur des 60 euros et que toute aide est une aumône issue de son propre travail.

Déverser des tonnes de fumier devant une préfecture est plus qu’un symbole. C’est la réalité d’une détresse uniquement parce que certains s’octroient encore des privilèges d’un autre temps. Ne cherchez plus l’infamie de l’abus de pouvoir au-delà des frontières : elle vous crève les yeux !

 

 


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