Alex Lekouid
Alex
Lekouid
L comme Lekouid

Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils FRONT…

À l’occasion de l’élection de miss Carnaval 2014, samedi soir, j’ai joué mon one man show dans une ville à côté de Toulouse. J’entre dans la salle des fêtes en fin d’après-midi et me dirige vers la régie pour rencontrer l’équipe qui doit me sonoriser. Je dis bonjour à chacun, me présente, puis leur fait part de mes besoins. Le regard complice, ils me répondent avec des blagues sournoises et racistes, dans le but évident d’exprimer leur dégoût à la vue de ma tête colorée. “Quand on parle du loup noir, on voit son nez (gros) hé hé hé… alors tu viens d’où toi ? Martinique ? Afrique ? En tout cas d’un pays où y a pas beaucoup d’ombre ha ha ha. » L’autre dit « moi j’ai un beau-frère qui est heuuu, comme toi, mais il est gentil ! Mais il est comme toi !  Ha ha ha ». Je n’en crois pas mes oreilles, je me dis “ reste concentré, tu es venu pour faire rire et donner de la bonne humeur ». Puis devant leur incompétence professionnelle et l’insistance de leurs propos, j’exprime mes pensées au chef de meute, Jean-Paul, en lui brandissant mon meilleur français, pour qu’il comprenne que je suis d’ici. Devant mon verbe convaincant et mon accent nougaresque, il se fige. À la fin de mon plaidoyer je vois un grand bonhomme s’approcher doucement de moi, comme un chasseur de prime s’approche d’un gibier de potence. Je lui dis bonjour énergiquement, comme pour le mettre en garde et je sors pour réfléchir à cette situation hallucinante, qui “m’manifestement” m’a touché au plus profond de mon être et de mes ancêtres ; certes pas très gaulois. À 20h45, je suis prêt à monter sur scène et mon ingénieur du son devrait arriver d’une minute à l’autre. À ce moment, le président de ” l’asso” entre furieux dans ma loge, en me menaçant. Il me dit « pourquoi votre technicien n’est pas là ? Je dois commencer la soirée. Bon je casse le contrat vous avez compris ? Je romps le contrat ! » Je tente de le calmer et lui dis que je veux bien qu’on casse le contrat s’il le souhaite, mais que je ne comprends pas pourquoi.

« Je dois passer à 21h15 et mon technicien est sur le parking,  vous pouvez donc commencer comme prévu, sans problème. » Jean-Paul et ses acolytes lui avaient monté la tête en lui racontant un peu n’importe quoi, je suppose pour s’amuser de moi un peu plus. Abasourdi, je reste un long moment sur ma chaise, près des toilettes inondées. Je me dis tout en écoutant le bruit de la chasse d’eau qui n’en finit pas de siffler « mais quel comportement dois-je avoir face à ces gens ? ». Puis je monte sur scène pour faire rire les gens malgré mon cœur meurtri. Sous les ovations du public je finis en remerciant le président pour son accueil chaleureux, ainsi que Jean-Paul et les deux autres pour m’avoir dit les mots qui m’ont donné l’envie de jouer ce soir. En bas de l’escalier, je signe des autographes par dizaines, je me fais prendre en photos avec les remerciements appuyés des plus fans, et je reçois les félicitations de l’adjoint au maire hilare. Une fois changé, je vais dire au revoir au président, qui a du mal à soutenir mon regard. Il me dit « le trésorier est là-bas » et se retourne définitivement… J’ai la chance d’écrire dans un journal qui donne la parole à tous, alors sans faire de politique voici ce que je crois. Pour juger quelqu’un demandons-nous où il va ! Pas d’où il vient… L’origine, la couleur et la provenance, ne nous appartiennent pas ! Par contre, nos actions et le choix de nos comportements sont le reflet de ce que nous sommes réellement, quels sont les vôtres ?


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