DorianDreuil
Dorian
DREUIL
Conseil d'administration Action contre la faim. Délégué à la vie associative.

« ONG et futurs possibles »

Quand Antoine de Saint Exupéry parlait des demains possibles, c’était avec les termes suivants : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible ».

Rendre possible l’avenir, c’est en d’autres mots, la définition d’une démarche encore peu connue du grand public, la prospective. Cette dernière se veut être une réflexion sur l’avenir. Concevoir la démarche prospective permet ainsi de mettre en évidence des tendances lourdes, des incertitudes, des ruptures possibles ou des phénomènes émergents. Partir d’un cheminement, le transformer en récit cohérent, mettre en avant les variables les plus fortes pour répondre à une question de fond : comment arriver à ce résultat précis ? Qui fait quoi ? Quand ? C’est ainsi que depuis plusieurs années, la prospective humanitaire connaît un essor sans précédent en France, pays des french doctors, patrie du sans-frontièrisme et d’une certaine conception de l’action de l’Organisation Non Gouvernementale. Une conception de l’ONG à la française qui souffre aujourd’hui de ne plus se réinventer face à de multiples défis. Dans la Revue Internationale et Stratégique n°98 de l’été 2015, Stéphanie Stern (Chercheure à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et Michel Maietta, (Directeur de recherche à l’IRIS) ont indiqué que « L’avenir de l’humanitaire dépendra de sa capacité à s’approprier ces défis. Il en sortira grandi ou moribond, car le plus risque qui le guette est celui de l’immobilisme par manque d’ouverture, de curiosité et d’envie d’innover ».

« La démarche prospective appliquée à l’humanitaire apparaît comme une solution »

La démarche prospective appliquée à l’humanitaire apparaît comme une solution au manque d’innovation des ONG. Pour Michel Maietta, « Le secteur humanitaire traverse aujourd’hui une crise identitaire profonde et les réflexions autour de l’occidentalo-centrisme, de l’interventionnisme et plus récemment autour de la résilience, se sont épuisées sans parvenir à générer de nouvelles réflexions sur les modèles établis ». C’est dans cette optique que l’Observatoire des Questions Humanitaires de l’IRIS propose des réflexions écrites et des rencontres entre chercheurs et professionnels de l’humanitaire pour faire naître de nouvelles réflexions thématiques et alimenter le débat d’idée sur ce que sera l’ONG et ses futurs possibles. Cet observatoire se veut être un laboratoire de réflexions autour d’un espace humanitaire en perpétuelle recomposition. C’est le point de départ du projet du réseau d’analystes régionaux inter-agences (IARAN). Ce projet repose sur un partenariat entre Action contre la Faim, l’IRIS, Futuribles, l’Université de Naples Federico II et le Fredrick S. Pardee Centre for International Futures de l’Université de Denver. Ces analystes, grâce à la démarche prospective, partagent une vision : développer la capacité analytique des ONG pour aider à la mise en place d’une intelligence stratégique permettant de gérer les incertitudes qui définiront leur rôle dans l’avenir. Demain, l’ONG et sa place dans l’action humanitaire, ne se lira plus dans son passé, mais dans son présent et sa capacité à anticiper les futurs possibles de demain.

 

 

 


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