Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

On rebat les cartes en vue de 2017

Et si la question essentielle de cette semaine était de revenir quelque peu sur la semaine que nous venons de vivre qui ressemblait plus à une « épidémie de compassionnite » (selon Nicolas BEYTOUT) qu’à une mobilisation des trois partis principaux pour, au second tour : l’emporter (UMP), s’enraciner, pour la première fois, dans la vie locale et rurale (FN), limiter la chute et la “casse” pour le PS. Autour de quoi nos médias ont-ils tourné jusqu’à l’obsession et la sidération du fracas d’un A320 de la Lufthansa projeté par un copilote dépressif contre la montagne de Haute-Provence devenue “montagne de la mort”. Rondes des experts comme des hélicoptères, commentaires sur un “travail de deuil” d’autant plus difficile à mettre en œuvre que l’accident est la conséquence de la “folie” d’un homme, manifestations compassionnelles et télévisés de nos dirigeants convaincus de représenter idéalement l’émotion publique de leurs concitoyens. Oui, aujourd’hui, un entre deux tours peut prendre le visage de la gestion des émotions, chacun ayant le sentiment que l’exigence d’action des acteurs politiques passe après la reconnaissance du drame, attitude de consensus mettant les citoyens dans un cycle compassionnel (sans fin bien sûr), mais aussi le Président Hollande dans sa fonction métapolitique de représentant “émérite” de l’émotion publique, une figure aujourd’hui imposée !

« Refuser la banalisation astucieuse du FN »

Un article du « Monde » titrait le 28 mars dernier : “Face au FN, Républicains ressaisissez-vous” pour combattre le nouvel acteur du tripartisme. Et d’expliciter qu’il faudra tenter d’opposer une stratégie à celle, gagnante, du FN jusqu’à présent : dominer l’agenda politique et médiatique (où le FN excelle) refuser la banalisation astucieuse d’un parti qui est d’ailleurs conforme à l’article 4 de la Constitution, reprendre le travail d’implantation du local. C’est la clé d’une nouvelle histoire de la Vème République ou de la naissance d’une VIème République. Reste à proposer de la part de l’UMP et de Sarkozy un projet, un programme et une méthode pour faire face au projet, au programme et à la méthode du FN. Le vrai débat, d’ici (ou pour) la Présidentielle de 2017, c’est celui-là au moment où le premier parti de France est, selon les sondages, “celui des sans-parti” (ce qui signifie que l’UMP, le PS et le FN ne suscitent pas d’engouement spontané.)  Le tripartisme ou la “tripolarité gauche-droite-FN” ne doit pas être considéré comme un phénomène conjoncturel, mais comme un phénomène structurel ; notre système politique étant à bout de souffle, sans respiration républicaine, marqué par l’abstention de masse et le discrédit de la parole politique.

 

 


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