Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

On a parlé de courage !

Cette semaine il fait chaud. C’est important de le dire,  je pense qu’on n’en parle pas assez. Les médias sont silencieux  sur le sujet alors comme je suis un mec courageux, moi je le dis haut et fort : « Cette semaine il fait chaud quand même ! » Donc comme il fait chaud avec les copains on a respecté les consignes du gouvernement et on s’est hydraté. Et quand on s’hydrate on discute. C’est la base de toute bonne hydratation. Avec les olives. Discussions, terrasse, hydratation, olives, c’est le minimum pour éviter malaises, coups de chaud et appel au 18. Donc oui, on a parlé de pleins de trucs… De décapitation, de la Grèce, du film sur Cavanna, de nos problèmes de thunes et de filles (un peu).  On a parlé de courage aussi. On en a parlé avec Baptiste et Adrien du projet « Le Bruit rose », une série documentaire sur les artistes toulousains. Le courage en général.  Le courage de dire « je ne participerai pas à votre mascarade. » Il est important celui-là. Les Grecs ont l’opportunité de le dire, haut et fort, ils ont la possibilité de dire « nous n’acceptons plus et il va falloir faire avec. » Et nous on fait quoi pendant ce temps ? En fait, on ne sait pas trop.  Continuer à ne plus avoir de prise sur notre monde ça ne doit pas aider à la construction collective de quelque chose de mieux. Et pour construire quelque chose il faut commencer par avoir deux, trois trucs à dire. Du « grain à moudre » comme ils disent les gens qui disent « grain à moudre ». Et ils ne sont pas nombreux.

« Il faut créer et créer veut dire inventer. Prendre des risques. »

Donc il faut créer. Que ce soit artistiquement ou politiquement. Il faut créer et créer veut dire inventer. Inventer c’est proposer quelque chose de nouveau. Prendre des risques. Tsipras et toute sa bande prennent des risques. Pour de vrai. Nous, dans notre domaine qui est l’art, en vrai, on risque quoi si on invente ? Ne pas être écouté ? Ne pas vendre de disques ? Ne pas être programmés en première partie de Christine and the Queens ? Moi j’ai envie de dire « tant pis ». Ne pas être écouté ça ne nous changera pas beaucoup de maintenant. La prise de risque artistique devient aujourd’hui aussi importante que la prise de risque politique. Le courage d’essayer, de se dépasser et de proposer quelque chose de nouveau est la seule façon de sortir d’un système marchand et destructeur. J’en parlais dans un papier précèdent, nous faisons aujourd’hui semblant d’être acteurs d’un système économique qui nous prive de tous les leviers qui pourraient nous permettre de vivre de notre musique. Créer sans se soucier du cadre dans lequel notre création pourra être diffusée c’est mettre un premier coup de latte dans ce grand nuage de fumée. Proposer une création qui ne pourra être digérée par les réseaux existants c’est offrir l’espace à de nouveaux réseaux, que nous construirons. La semaine prochaine je vous raconte ma discussion avec Victor de Baron Samedi, un groupe. Baron Samedi c’est son groupe, pas son nom, ça rime à rien en nom de famille « Baron Samedi ». Fais un effort.  On parlera de la nécessité de s’ouvrir le bide quand on monte sur scène. C’est quand même chouette tous ces gens brillants que l’on rencontre à l’apéro.

 

 


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