Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Note d’évaluation: Avant 2025, il y a 2013

Au-delà de la rentrée littéraire (500 romans au lieu de 700 il y a un an), de la reprise du « TOP 14 » en rugby et du championnat de football ; plus que la une de Libération du 24 Août traitant du viagra féminin (médicament venant au secours des femmes souffrant d’un manque de libido), ce sont deux photos qui suscitent émotion et commentaires : la première de l’Agence REUTERS représente les cadavres d’enfants tués par des gaz toxiques le 21 Août dans les faubourgs de Damas ; la deuxième (photo d’archives) illustre l’engagement de la marine américaine en Méditerranée orientale au lendemain du massacre des enfants. Il pourrait s’agir d’un des plus importants commis par le régime syrien depuis Mars 2011. Il y a là une escalade spectaculaire dans la guerre civile que connaît la Syrie. Face à Bachar EL ASSAD qui semble ici franchir la « ligne rouge » dont parlait B. OBAMA, la commission d’enquête de l’ONU est paralysée par les divisions au Conseil de Sécurité, aboutissant à une simple déclaration orale et très diplomatique sur la volonté de « faire la lumière ». Est-on revenu depuis les résolutions de Djibouti et de la Libye, au bon temps d’une ONU-SDN impuissante ? Le Conseil de Sécurité est-il à la hauteur de l’événement et ne faut-il par mettre fin à sa paralysie par un nouveau mode de décision à la majorité simple et sous la règle de l’unanimité ? N’est-il pas temps aussi de rappeler que l’ONU ne peut faire ce qu’elle veut sur le sol d’un pays souverain ? Est-il par ailleurs imaginable que les inspecteurs de l’ONU puissent faire objectivement leur travail « d’inspection » avec les aléas de la guerre ? Quant à demander un cessez-le-feu, il fait partie de l’imaginaire de la diplomatie internationale. Dès lors de reproduire des réactions en chaîne, en guise d’impossibilité d’agir, de Laurent FABIUS demandant une « réaction de force » à B. OBAMA qui fait bouger ses destroyers : face à ASSAD ou face aux Russes et au Chinois ? La riposte emprunte les scénarios de l’impuissance (politique) pour donner l’illusion de laisser parler la puissance (les puissance?) militaire. La guerre froide n’est plus d’actualité. Mais le temps des résolutions de l’ONU pour régler les conflits de politique intérieure non plus. Reste la question : le bombardement massif à l’arme chimique des faubourgs de Damas est-il un aveu de faiblesse ou une démonstration de puissance du régime syrien ? A défaut de réponse, l’indignation ne suffit plus.

Autre rentrée avec les « bouchons » pourtant annoncés par « Bison Futé » (mais ne freinant par l’ardeur des vacanciers rentrant vers le travail!), celle de … Jean-Marc AYRAULT (qui reprend la main après un « Été VALLS ») après la rentrée du Président HOLLANDE et son séminaire « Imaginer la France de 2025 », dont deux rapports sortiraient du lot, ceux de Pierre MOSCOVICI et de Cécile DUFLOT : le premier pose la question que chacun d’ailleurs se pose : « Que risque la France si nous échouons ? » Le Ministre de l’Économie répond que « pour s’en sortir, il faut compter sur l’Europe, retrouver nos marges de manœuvres financières et tracer notre propre route, sans chercher à imiter le modèle allemande ou à se battre pour reconstruire une industrie perdue, à grand renfort d’argent public ». Quant à Cécile DUFLOT, elle écrit: «  La France est confrontée à un défi majeur d’ici 2025, contenir la montée du populisme et faire reculer les idées de l’extrême-droite », elle juge urgent de « reconquérir les territoires et de les redynamiser » ; elle n’hésite pas à mettre en garde sur « une rupture définitive entre la politique et les citoyens » qui ont le sentiment que les décisions publiques se font « pour les gens mais sans les gens ». Cette expression illustrant les handicaps de notre démocratie qui hurle d’ailleurs son « ras-le-bol » fiscal (de MOSCOVICI à FABIUS en passant par Bruno LE ROUX), le taux de prélèvements obligatoires s’établissant à 46,3 % du PIB. Que l’on n’oublie pas que pour boucler le budget, le gouvernement recherche encore 14 milliards d’euros de rentrée fiscale, dont 6 milliards d’impôts nouveaux, sans compter l’augmentation de la TVA en Janvier 2014 déjà programmée. A la veille d’une année électorale chaude (municipales et européennes), le Président et sa majorité ne devraient pas attiser la grogne fiscale des français : les révolutions, les grandes mutations, les révoltes populaires sont presque toujours nées de … l’impôt !

 

Stéphane Baumont


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