David Saforcada
David
Saforcada
bonapartiste

Non, se protéger ce n’est pas un mal …

 

Nous sommes bien loin des années 1860 et du traité de libre-échange conclut entre la France de Napoléon III et l’Angleterre de la reine Victoria. Si à l’époque un tel traité pouvait fonctionner c’est parce qu’il s’établissait entre pays d’un niveau économique et social quasi identique. Aujourd’hui, à force de jouer le jeu du libre-échangisme et de la mondialisation, non seulement avec les États européens mais avec la plupart des autres pays du monde, nos dirigeants ont laissé se développer une concurrence sauvage qui pénalise gravement nos entreprises et multiplie le nombre des chômeurs. En effet, les coûts de main-d’œuvre et de production sont beaucoup plus élevés en France que dans nombre de pays nouvellement industrialisés qui ne connaissent pas de lois sociales comparables aux nôtres, où le niveau de vie est beaucoup plus faible que le nôtre et les préoccupations d’environnement inexistantes. Si dès lors on accepte de mettre en concurrence directe, sans protection ni régulation, l’entreprise française avec celle de Shanghai, de Bucarest ou de Rio, on accule la firme nationale soit à déposer son bilan, soit à déménager son unité de production à l’étranger. Dans les deux cas, l’opération se solde par la disparition d’un potentiel de production et la perte d’emplois sur le territoire français.

“Tout adversaire du libre-échangisme intégral n’est pas pour autant partisan de l’autarcie”

Il ne s’agit pas de nier que le commerce international joue un rôle positif de stimulant de l’économie et que la concurrence qui en résulte est en effet dans son principe saine et bénéfique puisque censée améliorer les performances économiques d’un pays. En favorisant l’innovation et la compétitivité, ils conduisent, en théorie, à une augmentation de la richesse nationale et du niveau de vie des personnes. Aussi serait-il absurde de vouloir isoler la France du monde extérieur et de la priver de cette pression à l’excellence que constitue la compétition internationale. Un repli de notre pays sur lui-même selon une conception autarcique de l’activité économique dispenserait les entreprises françaises d’investir et d’innover et serait donc très préjudiciable au progrès technologique, à la prospérité et à la puissance de notre nation. Mais si l’autarcie se révèle une absurdité, l’ultralibéralisme international n’est pas pour autant bénéfique, agissant comme un dissolvant sur les structures traditionnelles et le tissu industriel de la nation, il remet en cause l’harmonie sociale, tout comme il déstabilise l’appareil de production et met en danger l’indépendance et la sécurité de notre pays. Le libre-échangisme intégral, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, apparaît bien comme la version “jusqu’au-boutiste” de la libération des relations économiques internationales puisque son objectif consiste à l’évidence à créer un immense marché planétaire unifié. Contrairement à ce qu’affirment les tenants du mondialisme, tout adversaire du libre-échangisme intégral n’est pas pour autant partisan de l’autarcie. Il existe en effet une solution intermédiaire entre ces deux options extrêmes : l’échange régulé par un protectionnisme intelligent. Et c’est donc au nom de cette vision modérée qu’il convient de contester l’ultralibéralisme international et la cohorte de méfaits qu’il provoque aujourd’hui dans notre pays. Pour maintenir les échanges commerciaux entre la France et le reste du monde, tout en évitant qu’ils ne détruisent l’équilibre économique et social de notre pays, la France doit en effet faire instaurer, au niveau européen ou bien national, des mécanismes de régulation destinés à le protéger.

 


UN COMMENTAIRE SUR Non, se protéger ce n’est pas un mal …

  1. Patrick AUBIN dit :

    “Il existe en effet une solution intermédiaire entre ces deux options extrêmes : l’échange régulé par un protectionnisme intelligent.”

    Marrant de voir dans un premier temps louer les bienfaits du libre-échange pour dans un second temps le considérer comme une vision extrême. C’est une vision démagogique sans aucun fondement scientifique que vous apportez là. Echange régulé : au lieu de parler dans le vague, qu’envisagez-vous de réguler comme vous dites ? De quelle manière le faites-vous ? Par de la bureaucratie supplémentaire ? Evidemment, il va falloir intégrer le coût de cette bureaucratie dans les prix, d’où l’augmentation une fois de plus du coût du travail pour produire les biens et les services. Et qui va les payer ? Surement pas les étrangers, mais une fois de plus le citoyen français.

    Comprenez que l’échange n’a pas à servir les intérêts corporatistes de qui que ce soit, et donc surement pas non plus des intérêts politiciens. L’échange est de permettre à chacun d’obtenir au moindre prix, les biens et les services qu’il a besoin. Plus l’échange est libre, et moins il coûte : c’est donc la société des hommes qui en profite. C’est la seule vision qu’il avoir de l’économie : et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle s’appelle économie. Et même si cela entraîne le gel, voire la baisse de revenu, ce qui compte, c’est le pouvoir d’achat que vous avez avec votre revenu au cours du temps.

    Cependant, je peux comprendre votre désarroi dans le fonctionnement de l’économie d’aujourd’hui qui repose sur l’expansionnisme monétaire, ce que personnellement je dénonce. Oui dans ce cadre, avec l’utilisation de banques centrales qui produisent de la monnaie qui ne vaudra bientôt plus grand chose, notre monde marche à l’envers. Mais je crois que vous ne connaissez pas le libéralisme car vous utilisez le mot “ultralibéralisme”. Qui avez-vous qui se revendiquait d’une telle philosophie ? Personne pour la simple et bonne raison que ce terme est utilisé par les collectivistes pour dénigrer le libéralisme. Mais sachez que le monde d’aujourd’hui ne fonctionne pas du tout sur des principes libéraux : je suis prêt à en discuter avec vous.

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