Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Ne m’appelez plus “Air France” !

La compagnie aérienne est un des symboles du naufrage économique de la France. Même si c’est une minorité d’imbéciles qui se sont livrés à des actes de violence, celle-ci reste injustifiable tout autant que celle de leur arrestation. L’irresponsabilité collective de l’Etat dans l’économie ne peut qu’être une nouvelle fois pointée. Cette entreprise autrefois nationalisée a démontré qu’elle était incapable de s’adapter à son marché. Situation ubuesque qui donne l’ampleur de l’archaïsme économique existant dans ce pays drogué à l’étatisme. Cependant, ne doutons pas que ces salariés ont conscience d’être des privilégiés au point de détruire l’image de leur entreprise et d’entrainer leurs collègues dans leur chute.

Comprenons que le salarié payé au-delà de sa valeur sur le marché ne veuille pas perdre son emploi et sa rémunération attachée. Malheureusement pour lui, ses privilèges, obtenus par rapports de force syndical et non par sa productivité, ne sont pas naturels, et sont soumis à la loi naturelle de l’équilibre. Les clients n’acceptent plus de surpayer les billets et fuient vers la concurrence au service similaire pour un coût inférieur, ce qui réduit les rentrées d’argent pour l’entreprise. Le salarié tente alors de défendre le plus longtemps possible sa rente par le syndicalisme corporatiste (pilotes, personnel non navigant…) : il sera le dernier à accepter de sacrifier le moindre avantage.

 « L’entreprise est dans l’obligation de s’adapter à son marché »

Mais pendant combien de temps faudra-t-il répéter qu’une entreprise n’appartient pas aux salariés ? L’Etat, encore une fois par son interventionnisme, a faussé les rapports socio-économiques au détriment du propriétaire : le droit d’être propriétaire a été bafoué et il a été donné de faux-droits d’avoir aux salariés. L’entreprise est dans l’obligation de s’adapter à son marché. S’ils ne sont pas satisfaits des évolutions stratégiques, les salariés sont libres d’aller se faire embaucher ailleurs.

Le pire reste le visage fourni à l’étranger avec ce combat d’arrière-garde. Le refus de la concurrence au sein d’Air France est la cause principale de la descente aux enfers de l’entreprise. Son ancrage historique dans le giron de l’état est un boulet que l’entreprise continue de trainer. Sa croissance externe a été un échec. A défaut de compétitivité, elle s’est perdue dans cette fausse idée du “too big to fail”, qui voudrait que plus une société est importante et plus c’est impossible qu’elle puisse disparaître. Mais impossible n’est pas français…  même un rachat par Qatar Airways !

 

 


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