Thomas Simonian
Thomas
Simonian

«Tout se transforme, rien ne meurt» disait Lavoisier… Quand l’heure viendra serons-nous transformés en bleuet ou en grisaille, pour ne pas changer notre quotidien. Question existentielle qui ne va pas changer d’un iota la nature de l’Homme, dit moderne, se croyant de tout temps maître de l’univers. Au point de s’être attribué depuis toujours tous les attributs, tous les droits, toutes les qualités de la Création et quasiment sans aucun devoir à s’infliger comme contre partie. Plus, au point d’avoir érigé en règle suprême des rapports de force supérieurs avec ses congénères, comme avec son environnement d’ailleurs, faisant même croire, à certains, qu’ils pourraient être justement les maîtres de ce monde.

Par cette attitude irresponsable, l’Homme a négligé ou exploité, sans aucun égard et à son seul profit, les règnes de la nature. Ces règnes grands et petits qui sont issus de la même matrice, de la même volonté, de la même miséricorde et probablement du même amour relationnel au Créateur, pourquoi pas. Sauf qu’il a enfermé Dieu dans des croyances spirituelles séparées, de la vie ordinaire et quotidienne. Responsable d’avoir édifié des théories voire des dogmes, et pire, de se les être appropriés ; de tout temps d’avoir, sans aucun droit, sans aucune légitimité et impitoyablement, imposé sa version de Dieu par la force, prônant seulement la terreur. Au point d’en faire, alors qu’il était signe de fraternité supérieure, un venin que l’homme a répandu partout où il est passé…

Faisant régner ainsi la force en règle ; oubliant les particularités qui nous ont été données, ou prêtées, à savoir l’esprit, l’âme, la pensée, la vie, qui sont en toutes choses essentiels à se sentir Homme. Comme un gène malin inscrit, pourrait-on croire, dès la création, générant le fléau qui s’introduit dans le monde par la seule volonté de l’Homme, par ses pensées, par ses actes, par sa convoitise de tout et de rien. Avec une erreur majeure qui a amené, l’Homme, à inscrire comme règle, dans ses relations avec l’Autre, le non-respect justement de tout engagement humaniste. Abordant le chaos avec la rupture du contact avec la vie, conciliant l’émergence des droits, voire l’exigence de droits supérieurs. Sans aucune obligation de contrepartie, sans aucune obligation de rien.

Comme une impression de retour à notre histoire primitive, à la création de ce monde que l’on aurait pu croire parfait ; la lumière séparant l’Homme des ténèbres. Mais où déjà, il était dit que l’Homme ne serait que l’homme… «Partis d’Orient, au pays de Sennaar, ils s’établirent et tracèrent leur première ville de brique et de bitume. De peur d’être dispersés sur la face de la Terre, ils voulurent imposer leur force et domination en construisant une tour capable de toucher le Ciel disaient-ils : Babel. Mais le Créateur ne l’entendit pas de cette oreille et voyant leur œuvre et la puissance qui se révélerait incontrôlable. Les dispersa sur la face de la Terre de sorte qu’ils cessèrent de bâtir leur ville. Plus, embrouillant leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus, les uns des autres…» nous dit la Genèse. 

 

La Laïcité

 

Sauver le monde à la dérobée, à l’insu de tous et même de soi-même, beaucoup l’ont pensé, imaginé, cru avoir atteint le possible. Mais, rien n’a lieu sur cette terre qui ne nous implique pas. Chaque guerre est la retombée radioactive de notre haine quotidienne et de celle de nos congénères. Tandis que chaque action juste, chaque parole claire pourrait redresser notre tête, nous restituer cette humanité perdue.

Pourtant conscient d’être à un moment donné dépassé, à court d’arguments d’Egalité, de Fraternité et de Justice, l’Homme a réagi pensant trouver la solution idéale en créant une autre religion «la Laïcité». Effet de manche, mal accompli qui a de fait créé les conditions d’un vide dont d’autres, aujourd’hui, tentent de profiter. Et si nous ne prenons garde, nous pourrions, demain être vite dépassés…

Bien sûr, nous ne sommes pas responsables de tout, mais notre vision de la réalité ne veut se complaire que dans du soi-disant concret. Oubliant de fait que nous sommes, en permanence, nécessaires à la création quotidienne du monde. Car nous ne sommes jamais les gardiens d’un accompli mais toujours les co-créateurs d’un devenir.

Alors peut-être serait-il temps que nous oublions les «logos» politiques qui conditionnent tout ou partie de nos reflexes et actes quotidiens, vers l’Autre, pour enfin comprendre que nous aurions plus intérêt à repenser tous ensemble cette société. Il est temps d’oublier nos clivages et positions de principes, si nous avons pour ambition de la rendre plus juste, plus responsable, plus agréable à vivre, simplement plus humaine ; d’accepter enfin, que nous ne sommes rien sans le regard de l’Autre, inscrit comme nous dans cette chaîne d’union de la vie. Ce lien supérieur dont on sait tous que la force repose, sur son maillon le plus faible, hier lui, demain peut-être moi.

Faire que cette France Plurielle, dont nous sommes les acteurs, montre à la face du monde que notre pays, a toujours en lui cette imagination subtile à échafauder les idées et les actes qui vont définir le modèle de perfection humaine, appelé à servir de fondement à l’éthique et au comportement moral. Celui qui consisterait à faire de l’Homme le principe premier, sinon unique, donnant sens et valeur à toute chose.

Pour moi, éternel Don Quichotte, à ceux qui prétendent le concept d’humanisme périmé et veulent le cantonner au courant de pensée issu de la Renaissance, je veux simplement leur rappeler qu’il reste, aujourd’hui et comme hier, le fondement indispensable de toute conception d’un avenir pacifique et de progrès pour l’humanité.

 

Sans oublier que « L’Homme est la mesure de toute chose. » Protagoras – 485-410 avant JC

 

 

André-Gérôme Gallego

Direction Ligne Editoriale

Président France Génération Plurielle

andreg@aol.com

 


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