Michel Montagne
Michel
Montagne
Délégué régional Mouvement associatif LRMP

Multiplier les opportunités de s’engager, pour tous, à tous les âges de la vie

Le Mouvement associatif aspire à une société de l’engagement dont l’avènement suppose des parcours citoyens faits de multiples expériences bénévoles et volontaires qui s’entrecroisent et se succèdent, et qui prennent place au sein d’organisations d’intérêt général. Le rôle de la puissance publique consiste à soutenir le développement d’opportunités variées afin que toutes les personnes, quels que soient leurs profils et leur âge, et en particulier celles qui sont a priori les plus éloignées de ce type de démarche, puissent s’engager.

Une société qui monétise et instrumentalise l’ensemble des relations humaines et sociales va à l’impasse. La question du don, par essence libre et gratuit, est incontournable. En ce sens, la puissance publique doit encourager et favoriser le bénévolat, mais elle ne peut le règlementer.

Le volontariat occupe à cet égard une place spécifique dans la mesure où ses modalités permettent de lever des freins à l’engagement afin que cette expérience soit vécue pleinement et ouverte à tous.

Un travail de réflexion globale permettrait de gagner en lisibilité et de sécuriser l’engagement volontaire. Nombre de pratiques associatives qui existent déjà pourraient ainsi trouver à être reconnues et développées. Car multiplier les formes et les lieux de volontariat revient aussi à multiplier les occasions de révéler ou de revivifier les désirs d’engagement de chacun, tout au long de sa vie.

« L’État doit consacrer les moyens à une montée significative du service civique »

L’engagement de service civique constitue la forme la plus connue et la plus populaire de volontariat pour les jeunes. Il remporte aujourd’hui une adhésion large et croissante, des jeunes eux-mêmes, des structures d’accueil, de l’opinion publique. Et ce plébiscite est indissociable de ses caractéristiques qui sont celles des pratiques de volontariat dans leur ensemble.

Le volontariat suppose une durée significative qui est la condition d’une expérience transformatrice pour la personne volontaire comme pour le projet auquel elle contribue. Mais également des conditions matérielles permettant de ne pas pénaliser ceux qui ont fait ce choix inscrit dans une certaine durée. L’indemnité versée et la couverture sociale permettent de ne pas rendre ce choix trop pénalisant. Elles sont une condition incontournable pour rendre cet engagement accessible à tous.

En effet, la possibilité pour chacun de vivre une ou des expériences de volontariat suppose, de manière très prosaïque, un nombre suffisant d’opportunités. Il s’agit là également d’une condition de son universalité dont les aspects qualitatifs et quantitatifs sont inséparables.

Pour que l’engagement devienne un phénomène générationnel, l’État doit consacrer les moyens nécessaires à une montée en charge significative du service civique sous sa forme actuelle. Sans s’y substituer, d’autres formes de volontariat devraient également être reconnues et valorisées. Il s’agirait de mettre en place une véritable politique de soutien au volontariat en France, et de créer un élan fort vers cette société de l’engagement à laquelle nous aspirons tous.


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