Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

Moudenc contre l’austérité

 

Le président de la métropole toulousaine a dénoncé il y a quelques jours le « désengagement de l’Etat » dans la baisse des dotations aux collectivités territoriales. Dénonciation que nous ne pouvons, à gauche, qu’appuyer, puisque c’est ce que nous faisons depuis des années. Seulement, M. Moudenc, membre de l’UMP et proche d’Alain Juppé, devrait monter au créneau contre les candidats aux primaires de la droite, qui ont entamé une course au plus rigoureux, au plus économe, au plus lucide, au plus réaliste, au plus à droite, au plus anti-étatiste. Alain Juppé annonce qu’il faudra réduire de 100 milliards la dépense publique. François Fillon, courageux parmi les courageux, pousse jusqu’à 110 milliards d’euros. Mais leur maître à tous, obsédés des économies d’argent, est bien évidemment Nicolas Sarkozy qui annonce l’objectif de 115 milliards d’euros. Fichtre ! M. Moudenc dénonçant avec force ces coupes budgétaires, alors que les solfériniens vantent le courage des réformes menées par Manuel Valls et François Hollande…on en perd notre boussole. En réalité, les deux partis qui se partagent les affaires partagent la même doctrine économique qui pose que la réduction des dépenses publiques permettra de diminuer le niveau des prélèvements obligatoires, et donc d’améliorer notre compétitivité et ainsi relancer notre économie. Mentionnons ici que cela ne marche nulle part, la Grèce va plus mal que jamais malgré la saignée qu’elle subit.

 

« La Grèce va plus mal que jamais »

 

Cette dénonciation vigoureuse par M. Moudenc de la baisse des dotations aux collectivités doit donc certainement préparer, dans le mandat qui vient, une augmentation des taxes locales, une remise en question des revenus des agents municipaux (déjà en cours), des services publics municipaux ou une baisse des investissements. Il serait intéressant, dans le débat public, que M. Moudenc nous expose sa position sur les baisses annoncées des dépenses publiques pas les candidats de droite. Qu’il sorte du bois. Et, pourquoi pas, qu’il rejoigne le camp des « anti-austérité », puisque l’austérité asphyxie les deux collectivités qu’il dirige !

 


UN COMMENTAIRE SUR Moudenc contre l’austérité

  1. Patrick Aubin dit :

    En tout état de cause, ceux qui prennent aujourd’hui de plein fouet l’excès de dépense publique, et pour lesquels c’est l’austérité depuis que le déficit public gonfle la dette publique, c’est bien le privé, avec les fermetures d’entreprises et de commerces, mais aussi tous ceux qui subissent par ricochet le chômage par la spoliation publique.

    Ainsi faire de la dépense publique, c’est criminel : c’est voler le peuple en lui laissant croire qu’en laissant les gouvernants agir à sa place, il lui permettra d’en obtenir plus. Le consentement à l’impôt est une escroquerie, et le terme impôt lui-même prouve que ce consentement n’existe pas. En fait taxer, c’est voler !

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