Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Vous avez dit morosité ? Oui morosité, c’est le leitmotiv ambiant qui gagne peu à peu les esprits de la majorité des Français qui ont toujours plus de mal à gérer le quotidien économique ; et pas seulement. Jusqu’à nous promettre un mois de Mai 2013 qui pourrait avoir quelques flammes d’un certain Mai 68 que les plus jeunes ne peuvent connaître et pourtant rêvent de faire comme papa…

En fait il y a un découragement qui gagne toujours plus, le nombre important de foyers qui constitue la classe dite moyenne, mais surtout la classe silencieuse. Celle qui chaque jour, vaille que vaille, au prix de mille sacrifices permet à l’édifice France d’avoir un sens, des ambitions, des rêves d’avance à partager… Oui cette France des sans nom, celle à qui on impose toujours plus de sacrifices et que bien souvent on culpabilise d’avoir réussi ; réussite due, on l’oublie souvent, à son seul travail et à une ou deux générations de sacrifices. Celle que l’on veut rouler dans la farine, avec de grandes tirades sur la démocratie, les droits de l’Homme qui animeraient soi-disant tous les faits et gestes de nos dirigeants, sauf qu’il y a belle lurette qu’il n’y a plus, d’équité, de justice et même de sécurité dans ce pays. Et encore moins de prises de risques pour avoir un rêve d’avance à partager.

Et voilà aussi, pourquoi cette majorité dite responsable, paraît-il apte à prendre tous les coups bas, a pourtant tendance, aujourd’hui, à baisser les bras ou tout simplement à vouloir s’expatrier. A force de s’épuiser face à toutes ces injustices qui composent son quotidien, elle n’a plus la ressource, la force nécessaire pour rebondir. Elle ne sent plus, finalement, son destin maîtrisé et réalise toujours plus que ses jours sont comptés. Elle s’imagine même condamnée inexorablement à disparaître. Et là réside le danger pour notre mode de société, pour notre pays, car, que l’on ne s’y trompe pas, cette «classe moyenne», c’est elle qui porte, sur «ses épaules», la destinée de notre pays.

 

Si demain elle baisse les bras, le chaos ne sera pas loin

 

Mais me direz-vous, il est toujours facile de faire des constats, mais plus difficile de créer et de poser notre avenir plus ambitieux… Car la conjoncture est là : si la France s’enlise dans ses inconstances et perd de son crédit, c’est que son économie dépend surtout du comportement de ses partenaires européens et mondiaux. Vous aurez en partie raison et vous n’hésiterez pas, aussi et comme toujours, à prendre pour cible nos politiques. Tous, reconnus comme des gestionnaires efficaces quand le bateau a atteint son rythme de croisière. Mais quasi inexistants quand il faudra créer ; car cela n’est pas donné à tous. Ce fut le cas de Lionel Jospin. Dans une époque pourtant propice, il a bien géré, mais n’a rien créé. Au contraire il a même constitué une cagnotte, pensant que cela lui donnerait plus de crédit pour accéder à la plus haute marche de l’Elysée. Il l’a même pensé si fort qu’il s’est pris les pieds dans le tapis. Jean-Pierre Raffarin aurait bien voulu créer, sauf que les caisses étaient vides. Quant à Dominique de Villepin, il a préféré faire du surplace espérant que c’était le meilleur moyen pour être, lui aussi, présidentiable.

Mais c’est Nicolas Sarkozy que les Français ont alors choisi. Un véritable homme orchestre, présent sur tous les fronts, au point d‘éclipser l’ensemble des «sujets», Premier ministre compris, qui composaient alors son gouvernement. A tort ou à raison, il a voulu créer, changer les mentalités et il pensait surtout avoir le temps pour aller au bout de son rêve. Mais il s’est très vite trouvé seul, pour ne pas dire plus quand la crise est arrivée. Mais surtout, il ne semblait pas apte à maîtriser la méthode, la manière de le faire et surtout pas la presse, peu accommodante à son égard, pour ne pas dire plus. Pourtant, existait-il vraiment d’autres manières de faire, notamment face à une opinion publique qui ne mesurait pas, alors, l’ampleur de la crise ?

Plus, à voir le tandem Hollande-Ayrault naviguer, on peut vraiment se poser la question de confiance. Même si pour ma part je pense que ce gouvernement n’a pas dit son dernier mot… Si pendant quelques mois il n’a pas cherché à brouiller les pistes, notamment avec le mariage pour tous, afin de se donner le temps de prendre vraiment ses marques. On l’a vu avec l’intervention au Mali qui n’a souffert d’aucune critique… Aujourd’hui, avec la libération des otages justement du Mali qui s’est faite sans bruit, dans une certaine sérénité même… Quelques signes qui pourraient sonner le début d’une reconquête de l’opinion publique, bien avant l’été. Pour peu qu’un léger frémissement économique vienne perturber les diagnostics les plus pessimistes, des prétendus experts.

 

Eliminer les tricheurs

 

En fait, peut-être manque-t-il tout simplement à nos politiques de l’audace à l’américaine, pour vivre avec un déficit abyssal et s’appuyer justement dessus pour recréer la confiance et donc la consommation. Mais surtout, la France n’a plus d’Homme providentiel non plus, pour faire croire aux Français que le sommet de l’Everest n’est pas très loin… Pas de Margaret Thatcher, non plus, pour mettre chaque Français en face de ses propres responsabilités, lui rappeler ses devoirs envers la collectivité. Individuellement, de notre rôle à jouer pour participer à l’effort collectif, tout en nous appliquant à faire ce qui est juste pour notre pays.

Plus personne non plus pour valoriser que, dans l’immédiat, c’est l’action et non le fruit de l’action qui importe. Plus personne pour nous convaincre qu’il n’est peut-être pas en notre pouvoir, peut-être même pas en notre temps, qu’il y ait des fruits. Toutefois, cela ne signifie pas que nous devions cesser de faire ce qui est juste.

Nous ne saurons peut-être jamais ce qui résultera de nos faits et gestes, mais si nous ne faisons rien, il n’en résultera rien. Parce que, nous le savons, les acteurs de l’économie solidaire ne sont ni les cultures, ni les Etats, ni les civilisations… Les acteurs de l’économie solidaire, ce sont les Hommes, eux-mêmes.

Dans cet édifice France, nous avons tous un rôle à jouer, et n’oublions pas que de notre comportement dépend le destin de l’Autre. Et sans l’Autre nous ne sommes rien… Le salut est à ce prix…

Quant aux tricheurs, grands et petits, il est temps de les éliminer définitivement. Car c’est là aussi et surtout que réside véritablement le mal français…

André GALLEGO

Direction ligne éditoriale

Président France Génération Plurielle

andreg@aol.com


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