Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

“Monsieur Bricolage”

Tel est le titre qu’a donné, à la une, le journal “Aujourd’hui en France” pour qualifier la dernière intervention télévisée du chef de l’État. Qualification d’autant mieux choisie qu’elle répond à celle de l’anthropologue Levi-Strauss : « Travail dont la technique est improvisée, adoptée aux matériaux, aux circonstances », autant qu’à celle de François Jacob parlant de « combinaison originale réalisée à chaque palier de l’évolution ». Bricolage de fin de quinquennat, faisant de la stratégie comme une somme de tactiques permettant des ajustements opportunistes destinés à anesthésier une majorité rétive et à reconquérir une opinion publique qui n’a plus confiance. Décidément, un remaniement ministériel ne fait pas le printemps et n’empêche pas le chef de l’État d’être encalminé dans le piège de la réforme constitutionnelle où il s’est lui-même fourvoyé. Davantage qu’un “gouvernement de combat”, nous assistons à la mise en place d’un “gouvernement de contrats” pour éviter que les micro-foyers d’incendie politique n’embrasent toute la gauche au point éventuellement de déstabiliser un président-candidat qui restera le plus tard possible silencieux sur sa décision d’être candidat. Quels sont donc les contrats passés ?

« Mise en place d’un “gouvernement de contrats” »

Celui avec Jean-Marc Ayrault peut-être instigateur d’une fronde à bas bruit nuisible au président-candidat ; Celui passé avec les écologistes avec la nomination d’Emmanuelle Cosse contribuant à torpiller toute velléité de candidature à la présidentielle à moins d’une conduite suicidaire de Cécile Duflot… Rien n’est impossible tant le désamour est profond avec le président, contribuant aussi à déstabiliser toute la famille écologiste avec la nomination de deux figures de la dissidence (J.V. Place et B. Pompili). Contrat aussi avec la haute figure radicale et républicaine de J.M. Baylet renaissant de ses “cendres” tarn-et-garonnaises pour pleinement assumer la dixième place dans l’ordre protocolaire du gouvernement. Autant de bricolage dans un “gouvernement arc-en-ciel” qui ressemble plutôt à un “remake” de 2012. Les colmatages présidentiels permettent-ils au chef de l’État de peaufiner une stratégie qu’il a d’autant plus de mal à mettre en place qu’au bricolage politique s’ajoute celui idéologique d’un candidat-président, social-libéral et sécuritaire, fatigué de constater que ses initiatives ne font pas gonfler les voiles du “bateau Hollande”. En annonçant au dernier moment sa candidature, F. Hollande échappera aux primaires institutionnelles, mais non à celles du premier tour, risquant de lui faire connaître la défaite que Lionel Jospin connut en 2002…

 

 


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