Pierre Juston
Pierre
Juston
Militant du PS

Mars Ultor en Haute-Garonne

 

 

Dans l’antiquité romaine, sous le règne d’Auguste, un temple fut inauguré: le Templum Martis Ultoris (Temple de Mars Vengeur). Le sanctuaire été dédié à Mars Ultor, le dieu mars “vengeur”. Pourquoi vengeur ? Pour deux raisons, la première c’est parce qu’Auguste commémore la vengeance du meurtre de Jules César, la seconde, plus symbolique encore, parce que cette idée de Dieu vengeur s’attache aisément à la figure de la divinité romaine de la guerre que représente Mars. En effet, les différents rituels qui s’attachent au culte du Dieu de la guerre évoluent et lorsque les généraux romains s’apprêtaient à livrer combat, des cérémonies spécifiques avaient lieu en amont du combat et pour préparer la consécration de la victoire. Les offrandes et rituels précédant les affrontements pour invoquer Mars sont tout aussi décisifs que les cérémonies qui le suivent pour le remercier et fêter la victoire. Ainsi, les généraux victorieux, souhaitant invoquer de nouveau le dieu de la guerre, venaient du Capitole déposer au temple, dans le forum devant les citoyens, les offrandes et trésors issus de leur précédente victoire. On peut voir aussi dans cette image du Dieu vengeur, la divinité qui se retourne contre le général qui, bien que revenant victorieux, est peu à même de remercier celui qui naguère lui a permis de triompher. Autre temps, autre mœurs, mais même logique. La République Toulousaine aura vécu à rebours de la France ces deux dernières élections. Celle des municipales, où Toulouse, une des seules grandes villes de France tombe à droite alors que les autres résistent plutôt bien à la vague bleue de mars 2014. Puis, un an après, mars 2015, alors que la gauche perd plusieurs conseils départementaux (anciennement généraux), la Haute-Garonne résiste et inflige même un camouflet sévère à la droite. Le général Jean-Luc Moudenc, sûr de sa victoire de mars 2014 s’est présenté devant ses citoyens l’année suivante mais les hospices divins semblaient l’avoir abandonné. Le Mars vengeur s’est donc retourné contre lui. Pourquoi donc ce mécontentement affirmé? Il faut pourtant le reconnaitre, de nombreuses promesses ont été tenues, l’installation de la vidéosurveillance commence, le métro jusqu’à 3h du matin, la charte locale de la commande publique (même si elle n’a aucune force juridique)… etc.

 

 “La fameuse deuxième rocade, promesse où l’irrationnel côtoie le contradictoire”

 

En fait, si les citoyens sont mécontents, Jean Luc Moudenc n’y peut rien aujourd’hui. C’est le Jean-Luc Moudenc candidat, travestissant la réalité et promettant mille merveilles qui est responsable. Le mécontentement semble proportionnel à la démagogie utilisée pour se hisser à cette place du premier édile de la ville en mars 2014, pour obtenir les clés du Capitole. Car derrière ces “mesurettes” de l’année, des objectifs ambitieux étaient vendus aux Toulousains. Plusieurs axes étaient mis en avant pendant la campagne des municipales: l’amélioration de la propreté des rues, celle de la sécurité et de la tranquillité et celle de la circulation. Chaque Toulousain pourra constater qu’en matière de propreté rien n’a substantiellement changéà part le verbiage capitulaire qui nous assure que la ville est plus propre aujourd’hui qu’hier. En matière de sécurité, les caméras sont installées, les policiers armés, les effectifs augmentés et motorisés et pourtant, l’objectif démagogique d’une sécurité absolue ne semble vraiment pas au rendez-vous. L’arrêté anti-prostitution déplace le problème de tranquillité (puisque c’est sous cet angle qu’il était abordé) dans d’autres quartiers. Enfin la circulation et la fameuse deuxième rocade, – promesse où l’irrationnel côtoie le contradictoire, puisque le candidat Jean-Luc Moudenc promettait aussi de “relever les défis énergétiques et climatique”- semblent avoir disparu des écrans radars.

 

En résumé, Jean-Luc Moudenc a voulu nous faire croire que Toulouse pourrait décrocher la lune avec une échelle bancale. Pire, après un premier tour plus que décevant pour ses troupes et ses ambitions, des tracts pour le moins opportuns sur la privatisation de l’aéroport apparaissent dans l’entre deux tours. Etant membre du collectif qui combat depuis le début la privatisation de l’aéroport, je trouve amusant de constater que l’édile favorable jusqu’à ces derniers jours à cette nationalisation chinoise, s’oblige à détourner “la trajectoire de l’appareil”. Attention monsieur le maire, comme l’écrit le poète latin Térence: “un mensonge en entraîne un autre”. Quels seront les prochains ?  Au “Capitole” romain, les calendes (bien réelles celles-ci) coïncidaient avec la nouvelle lune justement, jour où tous les pontifes annonçaient publiquement la date des fêtes suivantes et où les débiteurs s’étant engagés devaient payer leurs dettes inscrites dans les “calendaria” (livres de compte). S’il serait plus qu’hasardeux et inopportun de vouloir solder les comptes après seulement une année de mandat municipal, il semble que cette défaite cuisante pour la droite toulousaine sonne tout de même comme un premier avertissement pour nos nouveaux pontifes municipaux. Mon rappel historique s’arrête là car je sais que notre maire est un adepte des lectures romaines, sur son chevet j’en suis persuadé, trône encore le “COMMENTARIOLUM PETITIONIS” (Manuel de campagne électoral) de Quintus Tullius Cicero. Je lui conseille maintenant de lire la réponse de son frère Marcus Tullius Cicero (Ciceron) sur l’art de “gouverner une province”.

 

 


UN COMMENTAIRE SUR Mars Ultor en Haute-Garonne

  1. Watt dit :

    La faute de conjugaison dès la deuxième ligne fait très mal aux yeux !

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