Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Vous avez dit «Made in France» ?… Et si Arnaud Montebourg avait tout simplement raison. N’est-il pas temps, avec le refus de la vente de Dailymotion, de siffler la fin de la récréation ? De donner, aux Français et à tous ceux qui jouissent de nos valeurs et privilèges, la première leçon de morale. De poser la simple question qui ne devrait gêner personne : par nos actes, nos engagements, notre manière d’être, ici et en dehors de l’Hexagone, méritons nous nous-mêmes et tout simplement le label «Made in France» ? Les Français sont toujours les premiers à banaliser voire mépriser tout ce qui fait la grandeur de notre pays et que nous envie pourtant le monde entier.

Le mal français ne serait-il pas dans cette ignorance chronique ?

Ne serait-il pas temps de se réapproprier le «Made in France», ne serait-ce que pour faire un pied de nez à celles et ceux qui en font leurs fonds de commerce en politique ?

Plus, si nous, les enfants d’immigrés devenions nous aussi un peu plus «Made in France», simplement pour montrer notre reconnaissance légitime à ce pays, la France, qui nous a tant donné, sans en attendre rien en retour si ce n’est le respect de ses valeurs. Logique, non ?

Oui, un «Made in France» qui avant d’être une appellation juridique est une manière d’être, une façon d’aborder la vie, de croire avant tout en des valeurs humaines qui seraient l’absolu de toute création, de tout échange, de tout partage et don de soi… Non, pas simplement une appellation, un label, sur l’origine d’un produit. Une étiquette qui valserait selon l’humeur du moment ou de l’opportunité prétendue supérieure. Non pas un réflexe identitaire, mais une mise en avant de la culture française, de notre savoir-faire qui n’a rien à envier à d’autres, bien au contraire.

Arrêtons de tout banaliser, de tout ramener maladroitement à une opération de communication, quel que soit le domaine abordé. Arrêtons de réduire le «Made in France» à un repli sur soi, à une fausse manière d’ignorer la mondialisation, à une prétendue peur de l’Autre.

Certes, le «Made in France» ne peut être dépendant que d’un discours. Il engage, au plus haut niveau de l’Etat, des actes forts et pérennes. Car il est la seule réponse logique et courageuse à une économie mondiale, dont on ne sait plus qui est qui et surtout qui fait quoi et pour quels intérêts.

Une authenticité qui aurait pour premier corolaire des valeurs de transparence, de qualité comme de vérité entre les acteurs. La réponse face aux griefs qui sont généralement adressés à la déferlante, dans notre pays et dans toute l’Europe, des produits low costs. Oui, le «Made in France», pourrait être «l’outil» capable d’affirmer la place de notre pays sur l’échiquier mondial. D’autant qu’il est toujours, structurellement et paradoxalement suis-je tenté de le rappeler, une valeur refuge pour les consommateurs étrangers, lorsque ces derniers désirent simplement s’assurer, dans leurs achats, d’un certain niveau de qualité et d’innocuité. Alors que les premiers et les plus difficiles à convaincre de la sincérité du sujet, restent bien entendu et comme toujours, les Français eux-mêmes.

 

La French Touch…

 

Oui, fabriquer français, c’est avant tout chose un état d’esprit, un historique lié à des qualités constitutives reconnues qui sont : le style, la finesse, l’élégance, la créativité, comme la précision d’exécution. On en conviendra : rien d’anodin. Car c’est la conséquence de savoirs rares, qui sont transmis, pour la plupart, de générations en générations, mais aussi transposables à une infinité d’autres produits.

L’art de vivre à la française ne concerne pas seulement l’industrie de la mode, les produits de luxe, les métiers de bouche ou de l’hôtellerie, du tourisme avec ces labels uniques qui font de notre pays le plus visité au monde… Il se traduit aussi dans de nombreux autres secteurs et disciplines. Voyez la réussite mondiale de notre cinéma, de nos DJ, voire des graphistes français comme des illustrateurs de bandes dessinés, formés dans nos écoles et considérés aujourd’hui comme les meilleurs au monde… Dans d‘autres domaines, défendus notamment par nos Pme, les exemples de réussite ne manquent pas… Et viennent contredire, celles et ceux qui pensent encore que ce n’est là qu’une vue de l’esprit, que de vouloir défendre, coûte que coûte, le label «Made in France».

Pour les produits français les débouchés sont réels. Reste à ce que les pouvoirs publics aient la volonté et l’ambition de tout faire pour promouvoir ces marques qui n’ont plus peur d’afficher leurs origines bien françaises. De la réussite de ces sociétés viendra la chute du chômage, comme la fin de la fracture sociale et une valorisation environnementale non négligeable…

Qu’on se le dise… Le défi «Dailymotion», relevé par notre ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, n’aura pas été aussi nul et déplacé que certains l’auraient voulu.

A nous de défendre le label «Made in France». Il en va de l’intérêt supérieur de notre pays : La France.

 

André Gallego

Direction éditoriale

Président France Génération Plurielle


UN COMMENTAIRE SUR Made in France

  1. www.citoyen-et-responsable.fr dit :

    Bonjour,

    Nous, http://www.citoyen-et-responsable.fr, croyons que le Made in France n’est pas un fin en soi mais juste un moyen servant une cause plus grande encore. Il va finir par lasser les français si nous ne lui donnons pas la perspective qu’il mérite. Selon nous, il s’agit avant tout de changer notre rapport à la consommation en considérant des enjeux tels que la préservation du savoir-faire et de l’emploi local, l’équité des relations commerciales, le respect des hommes et bien sûr de l’environnement !

    Il y a à ce jour une réelle carence pédagogique autour du Made in France que nous tentons modestement de combler à travers nos publications. Il nous paraît tout aussi évident que pour que le Made in France puisse retrouver une place de choix dans nos vies, il faudra nécessairement qu’il s’inscrive dans une démarche globale de changement dans la vie de chacun. ‘Consommer moins en quantité mais mieux en valeur’ résume bien l’esprit de ce changement.
    Ce sera de toute façon la seule manière pour l’essentiel de la population de concilier convictions et surcoût initial engendré par l’acquisition de produits Made in France.

    Bien cordialement,
    Mathieu

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