Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

L’urgence de l’état

Tiens, la météo nous rappelle enfin que l’hiver arrive. Plus qu’un mois avant les réveillons familiaux et autres bringues entre amis. Le calendrier est riche d’événements d’ici là : les deux tours des élections régionales les 6 et 13 décembre puis un week-end pour acheter les cadeaux… Quand enfin on saura ce que l’on pourra offrir… Les impôts locaux, métropolitains, tarissant nos finances en cette fin d’année. Bref à quelques encablures de cette période de partage et d’échange, nous, Français, doutons. 130 victimes dans des lieux de vie ça a tendance à refroidir les plus motivés d’entre nous. Nous qui espérons nous concentrer dans des magasins sans risquer pour nos vies ou celle de nos proches.

Pour enrayer le risque terroriste très présent depuis début janvier et accru depuis deux semaines, en France, le pouvoir politique a immédiatement décrété un état d’exception : l’état d’urgence. Au grand dam de certains politiques, cet état d’exception prorogé trois mois par vote au Parlement paraît à certains liberticide. Et la vieille question : « Êtes-vous prêts à sacrifier un peu de liberté pour plus de sécurité? » refait surface. Ce qui est clair est que cet état d’urgence est un état d’exception. Ce qui paraît clair aussi est que cette réponse de l’État français a pour effet d’accélérer le processus d’enquête. Je suis persuadé que la réponse du pouvoir politique français a été à la hauteur du drame et la décision prise avec soin. Le mot “guerre” a été prononcé à plusieurs reprises. Une guerre “non conventionnelle” puisque les attaquants ne sont pas l’armée d’un pays identifiée, mais un groupe terroriste.

Pour moi, la réponse est au niveau européen. Je m’explique : il existe la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace européen. Oui, les échanges économiques ont été favorisés. Mais souvenons-nous : qu’il s’agisse de la partition de l’ex-Yougoslavie dans les années 90 ou aujourd’hui de l’afflux de migrants et de la menace terroriste, l’Europe est défaillante en matière de défense et de diplomatie communes. Vous savez qui est Federica Mogherini ? Hein ?

« Où l’esprit des pères fondateurs du traité de Rome ? »

Les ministres de l’Intérieur des pays européens en sont juste à essayer de s’accorder sur le projet de PNR (données de dossiers passagers) pour faciliter la traçabilité des déplacements si besoin est. Quelle honte ! Quel retard ! L’état de l’Union européenne est catastrophique de ce point de vue. On laisse les pays des bords extérieurs de l’Europe se dépêtrer avec la porosité de leurs frontières et gérer l’hiver à venir avec les migrants aux portes de l’espace européen. Mais il est où l’esprit des pères fondateurs du traité de Rome qui visait à « établir les fondements d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ? »

Alors oui, on pare à l’urgence en France en instituant l’état d’urgence.

Oui, il faut réformer des textes datant des débuts du rock’n’roll pour les adapter aux exigences de la vie moderne.

Oui, il est temps de ne pas faiblir en matière d’État républicain et ne pas considérer le communautarisme comme l’avenir.

Oui, l’éducation doit être une priorité ; pas celle qui permet d’attendre que l’enfant ait seize ans, mais celle qui permet d’apprendre au jeune à lire, écrire, compter, nager et réfléchir. Les professeurs n’attendent que ça. Oui, malgré Merah, Clain et Corel libre, je passerai des fêtes à Toulouse en famille et avec des amis.

Enfin oui, je penserai plus fortement que jamais à toutes les familles endeuillées en 2015, pour qui les rassemblements familiaux n’auront plus jamais la même saveur.

 

 

 


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